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24 janvier 2008 4 24 /01 /janvier /2008 12:04
Dins un dels darrièrs numèros de La Setmana, i aguèt una responsa a un legeire que demandava d'esclarciments sus un mot de vocabulari – lo « maïs » en francés – qu'èra pas lo meteis dins las diferentas regions d'Occitània.
La seccion d'IEO-Aude – L'Esquirolet n°18 –  amb lo concors d'Occitanie-passerelle ven de far un numèro especial aquí dessús. Vos'n balhi l'essencial de çò qu'es dins aquesste numèro. Los que vòlon mai d'entre-senhas pòdon s'adreçar a
                                Ostal siventès ostal.sirventes@wanadoo.fr

LE  MILHÀS     (L’exposé de Lidwine, à Carlipa)

 HISTORIQUE

Le mot Milhàs vient du mot Milh, désignant le "millet" en occitan, le maïs ayant longtemps été appelé gròs milh en Occitanie. Le milhàs était une bouillie de millet bien avant d'être une bouillie de maïs. En Corse, on appelle « Milhacciu » une bouillie de farine de châtaigne, qui a emprunté, elle aussi, son nom au millet.
Avant l'introduction du maïs en Europe, on cultivait donc du millet partout ; céréale d'été à petit grain, botaniquement assez proche du maïs. On en mangeait beaucoup, partout, depuis l'antiquité.
Dès son introduction au milieu du XVIIe siècle, le maïs s'est adapté très facilement aux conditions naturelles lauragaises, avec la formation de variétés locales. Ainsi, le maïs a complètement remplacé le millet, au point que la quasi totalité des variétés européennes de millet ont disparu. Le millet s'est mieux défendu en Chine, où il y a encore des cultures et des collections variétales. Il y a quelques années, on cultivait encore un peu de millet en France mais ça reste marginal.

Jusqu’au milieu du XXe siècle, dans toutes les plaines du Sud-Ouest, la moitié pauvre de la population consommait quotidiennement du maïs, y compris à Toulouse. Ceci a permi d’exporter le blé (froment du Lauragais, très prisé pour la panification) qui était aussi très cultivé (plan triénal : blé/mais/jachère) et qui fit la fortune de beaucoup de familles lauragaises.
Les métayers pelleversaient à la main le carré de maïs dont ils tiraient la ration alimentaire de base de leur famille. La culture n'était pas irriguée et résistait très bien à la sécheresse. On cultivait notamment une variété de maïs à grain blanc appelée « Millette du Lauragais ». Ses rendements étaient énormes, surtout par comparaison avec ceux du blé.

Alors qu'elle était encore un peu cultivée dans les années 70, cette semence est difficile à trouver aujourd’hui. Si vous connaissez quelqu’un qui en possède, merci de m’en faire part.

CULTURE DU MAÏS

Alors que jusqu’au milieu du XXe siècle, le maïs était cultivé surtout pour nourrir la population locale, aujourd’hui, le maïs est cultivé principalement pour donner à manger aux animaux que nous mangeons.
En effet, la consommation de viande a très fortement augmenté après la seconde guerre mondiale, ce qui a incité à une culture intensive du maïs, afin d’augmenter le rendement à la production.

Cependant, la culture intensive du maïs pose des problèmes écologiques à cause de l’utilisation des pesticides et de l’irrigation.
    => Les pesticides se retrouvent en faible quantité dans l’alimentation mais se concentrent au fil de la chaîne alimentaire dont nous sommes le dernier maillon. Ils se retrouvent aussi dans les eaux de nos sources et de nos rivières. D’après l’Institut Français de l’Environnement (IFEN – dépendant du ministère de l’Ecologie) on trouve des résidus de pesticides dans 96% des eaux superficielles et dans 61% des eaux souterraines en France (rapport d’Aout 2006 sur une étude 2003-2004).
Or, les pesticides posent un véritable problème de santé publique, et pas seulement pour les utilisateurs qui sont les plus exposés, mais aussi pour la population générale. En effet, les effets de faibles quantités de pesticides, en mélange, pendant des périodes longues posent de nombreux problèmes de santé. L’épidémiologie nous montre que les personnes exposées aux pesticides ont plus de risque de développer de nombreuses maladies que les autres :  cancer,  malformations congénitales,  problèmes d’infertilité,  problèmes neurologiques ou encore  système immunitaire affaibli sont plus fréquent chez eux !

 => L’irrigation présente deux inconvénients majeurs pour les milieux aquatiques (étude du CNRS):
        1) elle est grande consommatrice d’eau (au niveau mondial, les prélèvements en eau de l’irrigation représentent aujourd’hui environ 70 % des prélèvements totaux). En outre, toute cette eau ne parvient pas aux plantes car les pertes sont importantes. Ces pertes sont dues soit à des fuites sur canalisations, soit à l’évaporation de l’eau qui stagne sur les sols.
        2) l’irrigation salinise nos sols et les dégrade. En effet, si l’eau d’irrigation n'est pas drainée, elle stagne dans les champs, et s’évapore lentement, laissant en dépôt les sels dissous qu’elle contient. Cet excès de sels stérilise progressivement les terres qui doivent être abandonnées.

La culture intensive du maïs pose aussi un problème de bio-diversité car en confiant la gestion des semences à des semenciers industriels, on obtient une sélection des semences les plus productives en quantité, mais quid de la qualité ?
En effet, les industriels ont intérêts, pour rationaliser leurs coûts, à ne produire qu’un petit nombre de variétés. Ainsi, les variétés locales, adaptées à la typicité de la région, ont quasiment disparues.

Chaque effet ayant une cause, et puisque la culture intensive du maïs est due à la consommation humaine de viande, on peut alors se poser individuellement la question de notre consommation de viande. En effet, si on réduit celle-ci, la culture intensive du maïs ne sera plus nécessaire et on réduira l’impact de notre société sur celle de demain.

LOS MOTS DE MILH

Le mot milh désigne indifféremment en occitan le mil, le millet et le maïs. Appelé également Blat d’Espanha, blat turc voire blat de Barbariá en Béarn, Gascogne et Languedoc. En Limousin, on parle de blat-mièg-Bigòrra. – [En Gèrs, Armanhac tròban turguet ; en Shalòssa : indon – (lo blogaire)]
Le gròs milh désigne le maïs, le pichòt milh ou milh menut le millet ; le grand milh, c’est le sorgho.
La milhauca, c’est le panic ou le sorgho à balais : las calhas van a la milhauca : les cailles recherchent les graines de panic ; tant valdriá s’apelar milhauca : autant vaudrait n’être rien du tout. On peut également dire : es un gran de milh dins la gula d’un ase : ce n’est rien du tout.
Le maïs a une tige : la camba, des grains : lo gran accrochés à l’épi : la cabòça, la còca, le coscorilh. Le maïs a également una pelhòfa.

Ara, un pauc de literatura…
Ne profiti per vos balhar una fabla d'Antony Tozy
09-Dens-lou-turguet.jpg(1852-1911), poèta felibre neraqués (Òut e Garona) que tiri de Dens las sègas que tornèri publicar en 1978 – amb d'illustracions d'Yves Chaland – en grafia classica a las edicions de l'Escòla occitana d'estiu.

Dessenh dins l'edicion oriignala —>

DENS LOU TURGUET

La gran Jenny, joueno drouleto,
A dus pas d’un cam de turguet
Dens un estouil aou proche de Taouzietto
Ourdaouo en tricouta la troujo de Basquet.    
Passèt lou gran Jannot : Que hès aqui praoubeto
A te cose aou rebat dou soureil
Coma un mousquit dens un careil,
S’en vos crese, dècho aqui tas
caussetos
As prou tricoutat per aney
E say m’ayda baou amassa doucetos,
A tout dus qu’aouran biste hey.
La gran Jenny, sans maou pensa,   
Dan Jannot s’en engout serca,
E serco tanli, serco tanla
Tout dus qu’entrèn sans tarda
Den la règo dou turgueta.         
Un cot aqui tout en serca salada
Lou gran Jannot, rouat como un païsan
Ço de prumè boutèt la man
Sou pissenli de la maynado.      
Juste en aquet moumen, pressat per un besoun,
Lou bente bourrat d’escaoudoun,
Moussu curè de Couquillon
S’enfilèt dens lou turgueton      
Dens soun estouil, la troujo de Basquet,
Lou mus secat, la coueto en jimbelet,
Aouejado, trapet, trapet,
Qu’entrèt taben den lou turguet.      
E dens la plano ensoureillado
Tout qu’es carèt.
Veygoun pas mêmo a la boulado
Passa un aouset.                        
La troujo soulo pouscout beze
Ço qu’es passèt
Digout pas res, mè gaouzi creze
Que s’esclaffèt.           
Dou coustat dou curè partiscout tout d’un cot
Un gros pet qu’echantèt Jannot,
La Jenny poussèt un chisclet,
Moussu curè se quillèt tout dret   
Coumo un lambret,
E tout tres, rouges como piots,
S’en angoun gahats et capots,
Lo gran Jannot à mitat nu,     
La Jenny lo bente madu
Et lou curè la crotto aou cu.

Moralité
Il ne faut pas juger les gens sur l’apparence,
Le plus cochon souvent n’est pas celui qu’on pense. 

  Dessenh d'Ives Chaland
dens-lo-turguet-nb.jpg
 DENS LO TURGUET

La gran Jeni, joena drolleta,
A dus pas d’un camp de turguet,
Dens un estolh au pròche de Tausieta
Guardava en tricotar la troja de Basquet.                     
Passèt lo gran Janòt : « Que hès aquí, praubeta,
A te còser au rebat deu sorelh
Coma un mosquit dens un carelh ?
Se’m vòs créser, dèisha aquí tas caucetas.                    
As pro tricotat per anuèit
E ça’i m’aidar ; vau amassar docetas.
A tots dus qu’auram viste hèit. »
La gran Jeni, sens mau pensar,                               
Damb Janòt, se n’angot cercar.
E cerca tanlí, cerca tanlà,
Tots dus qu’entrèn sens tardar
Dens la règa deu turguetar.      
Un còp aquí, tot en cercar salada,
Lo gran Janòt, roat coma un païsan,
Çò de prumèr botèt la man
Suu pissenlit de la mainada.      
Juste en aqueth moment, pressat per un besonh,
Lo vente borrat d’escaudon,
Mossur curè de Coquilhon
S’enfilèt dens lo turgueton.       
Dens son estolh, la troja de Basquet,
Lo mus secat, la coeta en gimbelet,
Avejada, trapet trapet,
Qu’entrèt tanben dens lo turguet.     
E, dens la plana ensorelhada,
Tot que’s carèt ;
Veigón pas mèma a la volada
Passar un ausèth.                      
La troja, sola, poscot véser
Çò que’s passèt.
Digot pas res mès gausi créser
Que s’esclafèt.                            
Deu costat deu curè partiscot tot d’un còp
Un gròs pet qu’eishantèt Janòt.
La Jení possèt un shisclet ;
Mossur curè se quilhèt tot dret      
Coma un lambrec.
E tots tres, roges coma piòts,
Se n’angón gahats e capòts,
Lo gran Janòt a mitat nud,                         
La Jení lo vente madur
E lo curè la cròta au cuu.

Moralitat
Il ne faut pas juger les gens sur l’apparence,
Le plus cochon, souvent, n’est pas celui qu’on pense.


Es un pauc forra-borra mas soi segur que vos i tornaretz trobar…

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