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30 mai 2008 5 30 /05 /mai /2008 00:21
Mon editorial de La Setmana èra sus aquel emendament per las lengas « regionalas » ; veni de reçaupre – coma un fum d'autras personas – un corièl/corric/e-mail/mel de Sèrgi Granier ont parla dels articles de Le Figaro e Respublica, journal de la Gauche républicaine, laïque, écologique et sociale e on fa responsa als articles de jornals.
Los boti tanben sus mon blòg per far circular l'informacion, coma se ditz…

En primièr son article :

LES  LANGUES  RÉGIONALES  ET  LA  RÉPUBLIQUE

1) Le fondement de la République est la liberté. Elle implique la diversité.
La laïcité des pouvoirs publics (leur neutralité) n’implique pas une contrainte d’uniformisation mais est au contraire la garantie de la liberté, c.àd. de la diversité – aussi bien dans le domaine religieux que dans le domaine de l’esprit en général (agnosticisme et athéisme compris : il ne peut pas y avoir de « religion civile » à la mode U.S.), même dans le domaine culturel. Seules s’imposent à tous les valeurs universelles fondatrices de la République, qui ne sont rien d’autre que les Droits de l’Homme. Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui (Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen).
Prêcher l’ethnocentrisme français comme « religion d’État » est contraire à la laïcité. La liberté des individus implique leur égalité, non leur uniformité.
2) Langues « régionales » est une appellation purement administrative. Du point de vue linguistique, c’est un nonsens. Il n’y a aucune différence de nature entre les langues. M. Pontillon parle de Molière. Il tombe mal : il est traduit en occitan. La langue des troubadours, de Mistral ou de Max Rouquette n’est en rien inférieure à celle de Molière. L’allemand, langue « régionale » d’Alsace, non plus.
La valeur d’une langue ne se mesure d’ailleurs pas au développement de sa littérature écrite, pas plus qu’à ses rôles officiel, administratif, utilitaire ou international. Ces rôles ne dépendent pas des qualités linguistiques de la langue mais de conditions politiques, économiques et sociales  aléatoires.
La langue n’est pas une donnée statique. Les qualités d’une langue n’existent pas « en soi ». Elles s’élaborent lentement en permanence par les pratiques des usagers. La langue est d’abord une activité mentale. Les usages populaires et oraux l’enrichissent autant ou davantage que les usages savants et écrit, malgré les idées reçues et les préjugés sociaux.
Opposer l’état présent de langues prétendues « déchues » à leur état ancien ou à l’état du français ne veut rien dire. On ne peut pas comparer ce qui n’est pas comparable : des formes parlées de langues privées d’autres usages à des formes écrites enseignées et officialisées. La diversité d’une langue n’est pas la conséquence d’une déchéance historique ou d’une infériorisation sociale. (Le français, dans sa réalité parlée, était aussi diversifié que les autres langues de France avant les conséquences des pratiques linguistiques de l’ère industrielle – enseignement, développement de l’usage de l’écrit, etc.).
N’importe quelle langue est apte à la littérature, à la philosophie, à la science, à l’administration… (C’est une simple question d’usage). Le catalan, l’occitan et les autres langues de France se développent à présent aussi dans ces domaines. (La mise à jour du lexique est chose naturelle, le français y recourt le premier). La démocratisation des progrès techniques (informatique, Internet, communication, déplacements) y contribue puissamment et font que de nos jours personne ne peut l’empêcher.
Le mépris des langues populaires est un préjugé social, tout comme le mépris des langues il n’y a pas si longtemps officiellement appelées indigènes est un préjugé raciste.
Il y a en France (hors DOM-TOM) huit langues historiques dites « régionales ». La plupart s’étendent sur plusieurs États. Plusieurs ont davantage de locuteurs et une zone linguistique plus importante que bien des langues officielles de par le monde. (Voir le rapport Cerquiglini, dont le nombre de 75 langues est souvent utilisé à contresens par mauvaise foi ou incompétence, car il comprend les langues issues d’immigrations et les très nombreuses langues d’Outre Mer). Cela dit, l’intérêt d’une langue ne se réduit pas à son importance matérielle et les droits de ses usagers n’en sont pas moins légitimes.
3) Le français sert de langue officielle et, actuellement, de langue commune dans l'État français. Il n‘est pas la caractéristique ethnique de la France. La coïncidence des noms « France » et « français » est conventionnelle et ne doit pas nous abuser. D’une part le français est aussi naturellement la langue de gens qui n’ont rien à voir avec la France (Suisses, Belges, Québécois…). D’autre part la France n’a jamais coïncidé avec les limites linguistiques de la langue française.
Le français officiel ne provient même pas de la langue du peuple d’Île de France. Il provient de la forme de langue élaborée de façon largement artificielle comme langue de la cour et de l’aristocratie d’Ancien Régime, récupérée par la bourgeoisie à l’époque industrielle.
La France, née de conquêtes, repose aujourd’hui sur le contrat républicain, reconnaissance commune des valeurs fondatrices de la République, et en aucune façon sur une appartenance ethnique. (L’obligation faite aux immigrés de connaître un minimum de français ne peut s’appuyer que sur des considérations utilitaires, nullement sur une obligation d’assimilation ethnique, qui serait contraire au principe républicain).
4) Les gouvernants ont trahi la République en violant ses fondements de liberté et d’égalité par la colonisation et le Code de l’Indigénat (maintenu pratiquement jusqu’à la décolonisation), alors qu’ils avaient la responsabilité et le devoir de les maintenir et qu’ils disposaient de l’autorité et des pouvoirs de l’État pour le faire.
De la même façon, ils ont trahi les valeurs fondamentales de la République par la proscription des langues de France et la persécution linguistique à l’École. (Aujourd’hui, ces pratiques mettraient la France au ban des pays démocratiques modernes).
Il était et il reste parfaitement possible d’enseigner la langue officielle et d’en assurer les rôles communs tout en soutenant l’emploi des langues et cultures de France et en organisant mieux leur développement.
Si la France est un seul pays, la pérennité et le développement de ses langues et de ses cultures est une richesse pour l’ensemble de ses citoyens, et pas seulement pour ceux qui les ont en héritage direct. L’État a une lourde dette envers le pays tout entier. (Les principes républicains tiennent que la langue, élément culturel, appartient au patrimoine national ; le corse n'est pas propriété de la région de Corse, mais de la Nation : rapport sur les langues de France de Bernard Cerquiglini, directeur de l’Institut National de la Langue Française, 1999).
5) Il est faux que l’enseignement immersif fasse obstacle à la connaissance du français. Je défie M. Pontillon de trouver dans toutes les écoles de langues « régionales » en immersion un seul élève qui ne sache pas le français. Leurs élèves le savent au contraire généralement mieux que les français monolingues. (Ces derniers comprennent par ex. de moins en moins la différence de sens entre le passé simple et le passé composé, si essentielle dans toutes les langues latines, y compris dans le français de Molière cher à M. Pontillon).
6) La centralisation et l’uniformisation de la France n’ont rien à voir avec les valeurs de la République. C’est une idée reçue de la mythologie nationaliste. Centralisation et uniformisation prétendues « républicaines » n’ont été que la continuation de la politique d’Ancien Régime et son intensification grâce aux moyens de l’ère industrielle.
Le grand vent de liberté issu des Lumières a inspiré le début de la Révolution, qui, par ex., a d’abord conçu les départements comme moyens de décentralisation avec des organes de direction élus sur place. (C’est plus tard que le nationalisme centralisateur a institué les préfets nommés par le gouvernement).
7) L’idée que les langues prétendues « régionales » sont un « repliement » est fausse. Leurs usagers ne sont nullement coupés du français et sont davantage ouverts aux autres langues, en dehors de l’asservissement utilitaire. La plupart des langues « régionales » s’étendent d’ailleurs sur plusieurs États. Les langues de France suscitent l’intérêt du public cultivé international. Le véritable communautarisme sectaire et liberticide, c’est le nationalisme ethnocentriste autrefois promu religion d’État en remplacement du catholicisme d’Ancien Régime.
Le nationalisme français ne s’appuie plus sur le prestige de la richesse industrielle, de la puissance coloniale et de frontières barbelées. D’autre part, l’ouverture d’esprit, le niveau culturel des populations et leur rapport avec le monde sont sans commune mesure avec ceux d’autrefois. C’est manquer de lucidité et rendre un mauvais service à la France que de se cramponner à des positions archaïques contraires à la réalité des faits. Mode de vie et de travail et progrès techniques font que les immigrés ne sont plus coupés de leurs sources linguistiques et culturelles. L’avenir est, déjà, plurilingue et multiculturel. Il le sera de plus en plus. Autant le comprendre et renoncer au nationalisme de la « belle époque » des colonies pour revenir aux fondamentaux de liberté de la République des Droits de l’Homme.
8) Respecter la liberté effective dans le domaine des langues et cultures n’est pas contraire à l’égalité des citoyens. L’égalité demande au contraire qu’ils disposent des mêmes libertés et moyens quelle que soit la langue de France qu’ils emploient. Il convient également que ceux qui n’ont pas hérité de langues ou cultures dites « régionales » puissent  avoir un minimum de lumière sur elles, et, s’ils le désirent, qu’ils aient des facilités pour s’y initier et les pratiquer. La République n’est condamnée ni à une « pureté ethnique », ni à une juxtaposition de citoyens indifférents les uns aux autres et unis seulement par la logique comptable de l’administration et de l’économie.
9) Plus que la méconnaissance de la nature des choses, l’hostilité aux langues dites « régionales » est souvent la manifestation du nationalisme ethnocentriste et du corporatisme, c.àd. finalement d’intérêts matériels particuliers. Beaucoup de défenseurs des langues « régionales » ont été et sont des personnes éprises de liberté et de culture, et, souvent, des membres de l’Éducation nationale. Les syndicats enseignants qui adoptent des positions hostiles aus langues de France dictées en réalité par le nationalisme et le corporatisme sectaire d’un autre âge sont indignes de leur rôle de syndicats d’enseignants de la République.
Laïque ne signifie pas « d’État ». La laïcité est neutralité pour le respect de la liberté des individus. Des écoles non confessionnelles, même associatives, qui respectent la diversité linguistique et culturelle des individus et en appliquent les conséquences éducatives assurent mieux la laïcité que celles qui la nient.
10) Certains objectent à la reconnaissance des langues dites « régionales » les conflits linguistiques dans d’autres pays. Mais il s’agit justement de pays où il y eu des discriminations linguistiques graves, et dans lesquels d’ailleurs les conflits linguistiques recouvrent des conflits d’autre nature.
Le nationalisme d’orgueil et de conquête de la 3ème république est devenu un nationalisme de défense et de peur. C’est un signe des temps. Mais il n’y a jamais de solution hors de la lucidité et du courage. La liberté et la démocratie sont à inventer tous les jours. La France connaît une crise d’identité évidente. Elle n’en sortira à son avantage qu’en laissant  aux poubelles de l’histoire la mythologie nationaliste d’une « belle époque » qui ne reviendra pas. Il faut réinventer la République de la liberté.

Sèrgi Granièr


Fau seguir lo ligam per anar legir Le Figaro :

http://www.lefigaro.fr/politique/2008/05/23/01002-20080523QCMWWW00553
-approuvez-vous-linscription-des-langues-regionales-dans-la-constitution-.php

Ara l'article de Respublica :

No 590 de Respublica, journal de la Gauche Républicaine, laïque, écologique et sociale.

Amendement surprise sur les langues régionales dans la Constitution

Par Thierry Pontillon
Vendredi 23 mai 2008

L’Assemblée nationale a adopté jeudi, à la quasi-unanimité, un amendement surprise au projet de loi sur la réforme des institutions visant à inscrire la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution. « Les langues régionales appartiennent au patrimoine » de la Nation, prévoit l’amendement présenté par le président UMP de la commission des Lois et qui complètera l’article 1 de la Constitution.
En quoi les langues régionales seraient elles brimées en France pour qu’il faille en catimini modifier l’article 1er de la Constitution, sans débat préalable ?
La diversité linguistique existe même si, bien souvent, elle relève plus du folklore que d’une réelle diversité culturelle. Vous imaginez MOLIERE ou VOLTAIRE traduits dans certains patois dont la conjugaison se limite à 3 personnes au lieu des 6 de la langue française ? Inscrite comme principe constitutionnel, elle introduit la division et contredit l’article 2 de la Constitution du 4 octobre 1958: « La langue de la République est le français ». Cette nouvelle disposition : « Les langues régionales appartiennent au patrimoine » située à l’article 1er hiérarchise ces principes fondamentaux. Ceci constitue une concession essentielle au communautarisme. Elle sera très vite instrumentalisée par les groupes de pressions qui ont réussi là un bon coup constitutionnel.
Ainsi, dans les écoles bretonnantes DIWAN (fondées en 1942 par le collaborateur notoire « JAN » puis finalement agréées quelques décennies plus tard par un certain « Djack Lang »), le Français deviendra la « seconde langue » pour toute la scolarité des élèves concernés.
C’est le principe même de citoyenneté qui est remis en cause et ainsi « différencialisé » selon les ethnies locales. Des droits différenciés constitutionnalisés au nom d’une langue régionale. Les rapports sociaux se construiraient alors dans des logiques communautaires à prééminence linguistique contre le principe de la citoyenneté, selon des droits différenciés et communautaires. Le lien communautaire s’opposera au contrat social, au contrat national. Toutes les revendications alimentées par des foyers identitaires valident ces tentations d’un communautarisme politique. Elles condamnent la laïcité et le « vivre ensemble » inhérent à la notion même de Res Publica. Le groupe deviendrait attributaire de droit et non plus le citoyen.
Le Conseil Constitutionnel dans sa décision 99-412 du 15 juin 1999, au sujet de la charte européenne dans langues régionales, confirme nos craintes lorsqu’il énonçait : « ''La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances ; que le principe d’unicité du peuple français, dont aucune section ne peut s’attribuer l’exercice de la souveraineté nationale, a également valeur constitutionnelle ;
Considérant que ces principes fondamentaux s’opposent à ce que soient reconnus des droits collectifs à quelque groupe que ce soit, définis par une communauté d’origine, de culture, de langue ou de croyance'' ».
Auparavant, dans une décision 96-373 du 9 avril 1996 portant statut d’autonomie de la Polynésie française : « Le Conseil a tenu à préciser, aussi, que la reconnaissance de la possibilité d’utiliser les langues tahitienne et polynésienne ne saurait aller contre le principe inscrit dans la Constitution que le français « est la langue de la République'' ».
Rappelons dans le cadre de l’affaire Diwan d’intégration des écoles communautaires linguistiques par immersion, donc avec l’usage exclusif de la langue bretonne comme langue d’enseignement, le Conseil d’Etat a fait droit à deux recours du CNAL et de l’UNSA Education en s’appuyant sur nos principes constitutionnels. Introduire aujourd’hui cette disposition dans la Constitution remet en question ces décisions. L’enseignement par immersion fait du français une langue seconde. Certes, on peut considérer que c’est du ressort de l’Etat d’offrir aux élèves qui en font la demande la possibilité de compléter le socle commun de connaissances requis par des matières optionnelles (des langues régionales, certains sports peu pratiqués, etc.). Est-ce bien au moment où l’Etat supprime 12500 postes d’enseignants et diminue drastiquement le nombre des heures/classe accordés aux EPLE pour l’enseignement des matières ESSENTIELLES qu’il faut accorder – avec la force d’un texte constitutionnel de surcroît - à quelques minorités locales des moyens supplémentaires… qui vont cruellement manquer pour l’enseignement du Français ou des Sciences Humaines ?
Décidément, le Sarkozysme est de plus en plus synonyme de remise en cause systématique des fondements de notre République et de retour en force à l’Ancien Régime… celui des « parlements » locaux réunis sous la seule autorité du Monarque !

par Thierry Pontillon

Directeur d’école primaire - syndicaliste
13 articles de la rubrique "communautarisme"

Ara lo de nòstre amic (!) Mélenchon :

Lanques régionales: Mon intervention à la tribune du Sénat
Par Jean-Luc Mélenchon
Lundi 26 mai 2008
Voir cet article sur son site d'origine : Http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=592

"Monsieur le président, madame la ministre, mes chers collègues, en montant à cette tribune, je suis persuadé que, quels que soient les points de vue que vous exprimez sur ce sujet, tous ici vous vous sentez aussi patriotes que moi-même, aussi attachés à l’unité et à l’indivisibilité de la République française que je le suis et dignes continuateurs du progrès constitué par l’ordonnance de Villers-Cotterêts : ce texte a établi le français comme langue du royaume, permettant à chacun de se défendre, de témoigner, d’attaquer en justice et d’être compris par les autres.
Mais l’homme qui s’exprime en cet instant, fier d’être jacobin, ne parlant que la langue française pour s’adresser à vous ou bien l’espagnol, langue de ses grands-parents, et qui, s’il devait apprendre une autre langue, choisirait l’arabe, langue minoritaire la plus parlée dans la région d’Île-de-France dont il est l’élu, ne vient pas devant vous pour discuter de la question de savoir si l’on est pour ou contre les langues régionales – ce qui est absurde – ou, pire encore, si l’on est pour ou contre la diversité culturelle : il s’agit de savoir si le cadre légal existant est adapté, car il en existe déjà un, ou si la France a besoin de ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires pour faire progresser la diffusion de celles-ci.
Pour ma part, je n’accepte pas la caricature qui voudrait faire croire que la République française réprime ou méprise les langues régionales. Ce n’est pas vrai ! La France s’est dotée dès les années cinquante d’un cadre législatif très favorable aux langues régionales ; elle était même en avance sur beaucoup de pays d’Europe à cet égard.
La loi du 11 janvier 1951 relative à l’enseignement des langues et dialectes locaux, qui porte le nom du socialiste Maurice Deixonne, a officiellement autorisé et favorisé l’apprentissage des langues régionales de France dans l’enseignement public : le basque, le breton, le catalan et l’occitan, auxquels se sont ajoutés ensuite le corse en 1974, le tahitien en 1981, et quatre langues mélanésiennes en 1992. De sorte qu’aujourd’hui, et depuis 1970, tous les élèves qui le souhaitent voient ces enseignements pris en compte pour l’obtention du baccalauréat.
La loi Toubon de 1994 a confirmé ce cadre légal favorable et Lionel Jospin, par la loi du 22 janvier 2002, a mis des moyens particulièrement importants à la disposition de l’enseignement de la langue corse, si bien que quiconque le veut peut suivre un enseignement en corse à l’école, au collège et au lycée, à raison de trois heures par semaine.
L’État a aussi contribué, en lien avec les collectivités locales qui le demandaient, à rendre possibles les signalisations routières bilingues, ce qui permet, dans certains départements, de pouvoir enfin lire les indications rédigées en français, qui étaient jusque-là surchargées de graffitis. Par ailleurs, de nombreuses régions font preuve d’innovation pour favoriser le développement des cultures et des langues régionales.
Par conséquent, rien dans le cadre légal et réglementaire actuel, ni dans la pratique effective, n’est de nature à brider la pratique et la transmission des langues régionales. Et il n’existe pas une voix en France – pas même la mienne ! – qui s’oppose à ce que soient pratiquées les cultures ou les langues régionales. Si le nombre de locuteurs diminue et si leur âge moyen s’élève, il faut en chercher la cause ailleurs que du côté de la République et de la loi !
La Charte européenne des langues régionales ou minoritaires n’est pas un remède acceptable. Elle est loin de faire l’unanimité en Europe. Contrairement à ce que l’on entend souvent, trop souvent, la France n’est pas l’un des « rares » pays européens à ne pas avoir ratifié cette charte. Quatorze pays membres du Conseil de l’Europe ne l’ont pas signée, dont la Belgique, le Portugal, la Grèce ou l’Irlande, qui ne sont pas des États réputés liberticides. Je pense que personne ici n’a l’intention de comparer le comportement de la République française, quels que soient ses gouvernements, à ceux des gouvernements des pays baltes qui, eux, procèdent à une revanche linguistique à l’égard des russophones.
Parmi ceux qui ont signé cette charte, comme la France, dix États ne l’ont pas ratifiée, dont l’Italie. Au total, vingt-quatre pays membres du Conseil de l’Europe se refusent donc à rendre applicable cette charte sur leur territoire. Cela peut être attribué non pas exclusivement à leur mépris pour les langues régionales minoritaires, mais probablement à d’autres causes ; j’évoquerai l’une d’entre elles tout à l’heure. La France est donc loin de constituer un cas particulier.
La France applique déjà beaucoup d’articles de la charte sans avoir besoin de la ratifier. Vous savez qu’il existe deux types de dispositions : les préconisations impératives et celles qui sont optionnelles. Un grand nombre de préconisations impératives sont déjà appliquées ; je n’évoquerai, pour l’exemple – je vous en épargnerai la lecture –, que les articles 7-1-f, 7-1-g et 7-2. Parmi les préconisations optionnelles que la France respecte, on peut citer les articles 8-1-b, 8-1-c, 10-2-g.
Il n’est donc pas vrai que nous ayons besoin de ratifier la charte pour en appliquer les dispositions qui ne sont pas contraires à notre Constitution, et c’est de celles-ci qu’il faut parler !
J’ajoute, ayant été ministre délégué à l’enseignement professionnel et ayant eu à connaître de cette question, que la définition des langues minoritaires donnée par la charte est extrêmement discutable et confuse.
J’observe qu’elle exclut de son champ d’application toutes les langues des migrants – je pense à l’arabe, à la langue berbère et à bien d’autres – comme si les citoyens qui les parlent du fait de leurs liens familiaux, alors qu’ils sont Français, devaient considérer ces langues comme des langues étrangères, comme si l’on demandait aux Algériens, aux Sénégalais, aux Maliens et à combien d’autres de considérer la langue française comme une langue étrangère à leur culture ! (Mme Alima Boumediene-Thiery s’exclame.) Pourtant, c’est ce que fait cette charte !
Cette définition extrêmement confuse aboutit à ce que certaines langues soient reconnues comme minoritaires dans un pays et ne le soient pas dans l’autre, alors qu’elles sont parlées dans les deux pays dans les mêmes conditions. C’est le cas du yiddish, reconnu comme langue minoritaire aux Pays-Bas, mais pas en Allemagne ou dans certains pays de l’Est où il est tout autant parlé.
Cette définition très floue peut être, finalement, discriminatoire et elle aboutit à des reconstructions de l’histoire. Je veux bien, chers collègues, que l’on parle de la langue bretonne, mais encore doit-on préciser qu’elle résulte du dictionnaire dit « unifié » de 1942 et qu’elle se substitue aux cinq langues qui existent réellement dans la culture bretonne.
M. Gérard Le Cam. C’est vrai !
M. Jean-Luc Mélenchon. À cet instant, je ne ferai mention ni du fait que l’auteur dudit dictionnaire est un collaborateur des nazis, qui a été condamné à l’indignité nationale, s’est enfui et n’est jamais revenu dans notre pays, ni des conditions dans lesquelles ce dictionnaire a été rédigé et financé à l’époque.
La définition retenue par la charte aboutirait, par exemple, à des absurdités concernant le créole, et bien injustement. Je me souviens d’avoir demandé, en tant que ministre délégué à l’enseignement professionnel, quel créole on devait enseigner ; j’y étais prêt, car cela facilitait l’apprentissage des élèves. Eh bien, trois ans après, je n’avais toujours pas de réponse, parce qu’il n’y a pas un créole, mais des créoles ! Par conséquent, on est amené à choisir, trier, exclure, discriminer de nouveau au moment où l’on croit intégrer. Ce n’est pas pour rien que nos institutions écartent ce type de charte !
Enfin, j’aborde ce qui constitue pour moi le cœur du problème. Il ne s’agit pas de dire que la sauvegarde des langues et cultures régionales nous pousse sur la pente qui conduit automatiquement à la sécession, au particularisme et au communautarisme. Telle n’est pas mon intention ! Mais j’ai bien l’intention de dire que le risque existe. Il ne saurait être question, sous prétexte de respect de la diversité culturelle, d’admettre un point en contradiction absolue avec la pensée républicaine : il n’y a pas lieu de créer des droits particuliers pour une catégorie spécifique de citoyens en raison d’une situation qui leur est propre.
Le fait de parler une langue différente ne suffit pas à instituer des droits particuliers en faveur de ses locuteurs ! Or c’est ce que prévoit explicitement la charte : il s’agit d’encourager la pratique de ces langues « dans la vie publique et la vie privée ».
S’agissant de la vie privée, je rappelle que le caractère laïque de notre République interdit que les institutions gouvernementales et étatiques fassent quelque recommandation que ce soit concernant la vie privée des personnes.
Quant à la vie publique, il est précisé que les États doivent « prendre en considération les besoins et les vœux exprimés par les groupes pratiquant ces langues ».
À l’évidence, ce texte a été écrit à l’intention de pays où des secteurs entiers de la population parlent une autre langue que la langue nationale et seulement celle-là, comme c’est le cas des minorités hongroises ou autres, qui existent dans divers pays de l’Union européenne. Mais en aucun cas il n’a été écrit pour la France, car dans quelles conditions peut-on désigner les représentants de ces groupes ? Va-t-on maintenant élire des représentants des locuteurs de telle ou telle langue ? Non ! C’est en totale contradiction avec l’idée d’égalité républicaine !
Il ne peut être question de faire bénéficier de procédures en langues régionales devant les autorités judiciaires, comme le prévoit l’article 9 de la charte, ou devant les services publics, comme le décide l’article 10. Témoigner, poursuivre en justice, signer des contrats dans une autre langue que la langue française constituerait un recul par rapport à l’ordonnance de Villers-Cotterêts. Pourtant, c’est ce que prévoit cette Charte européenne des langues régionales ou minoritaires !
Le Conseil constitutionnel a donc eu raison de dire, en 1999, qu’en conférant « des droits spécifiques à des “ groupes ‿ de locuteurs de langues régionales ou minoritaires, à l’intérieur de “ territoires ‿ dans lesquels ces langues sont pratiquées, cette Charte porte atteinte aux principes constitutionnels d’indivisibilité de la République, d’égalité devant la loi et d’unicité du peuple français. »
Après l’exposé de ces raisons juridiques, philosophiques et républicaines, je voudrais enfin souligner, d’une façon plus personnelle, qu’il ne saurait être question de ne pas tenir compte de l’origine de la charte, à l’heure où beaucoup prétendent, à la suite de Samuel Huntington et de sa théorie du choc des civilisations qui est aujourd’hui la doctrine officielle d’un certain nombre de stratèges de la première puissance mondiale et de quelques autres pays, que, dorénavant, « dans le monde nouveau, la politique locale est “ethnique‿, et la politique globale “civilisationnelle‿ ».
Cette origine, sans doute nombre de mes collègues l’ignorent-ils ; c’est pourquoi je veux la leur apprendre.
La charte, adoptée en 1992 par le Conseil de l’Europe, a été préparée, débattue et rédigée par plusieurs groupes de travail de cette instance qui étaient animés par des parlementaires autrichiens, flamands et allemands tyroliens. Leur point commun était d’être tous issus de partis nationalistes ou d’extrême droite et d’être membres de l’Union fédéraliste des communautés ethniques européennes, la FUEV selon l’abréviation allemande. Cette organisation est aujourd’hui dotée d’un statut consultatif au Conseil de l’Europe, et elle se présente elle-même comme la continuatrice du Congrès des nationalités, instrument géopolitique du pouvoir allemand dans les années trente ! Un des principaux laboratoires de l’élaboration de la charte fut ainsi le groupe de travail officiel du Conseil de l’Europe sur la protection des groupes ethniques, dont la création a été obtenue par la FUEV et qui est également connu pour ses travaux sur le « droit à l’identité », le Volkstum.
Pour toutes ces raisons, la République française n’a donc rien à gagner à modifier sa Constitution pour ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Elle ne pourrait que se renier en le faisant. Elle doit, tout au contraire, continuer sa politique bienveillante et intégratrice, qui donne aux cultures et aux langues régionales toute leur place dès lors que la République est première chez elle ! (Applaudissements sur certaines travées du groupe socialiste et de l’UC-UDF). "

Los que vòlon contactar Sèrgi Granier o pòdon far a :
granier.sergi@tele2.fr




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Andriu de Gavaudan - dans Lenga
commenter cet article
6 mai 2008 2 06 /05 /mai /2008 09:32
Aimariái de tornar su l'article de Yves Rouquette e de contunhar mon « rimatoèra »… Sabèm totes qu'aima provocar e los que lo coneisson li passan aisidament sas focadas ; mas se los vièlhs (sic) – e pensi que ne fau partida ! – amb lor viscut de militants e d'aparaires e de promotors de la lenga e de la cultura sabon de qué ne vira ; los joves o novèls venguts a l'occitanisme prenon las paraulas dels ancians a lor « face value », es a dire al primièr gra e se pòt comprendre que sián, a còps, destimborlats.
Ne demòra pas mens que lo que lança d'imprecacions se pren sovent al jòc e fenís per las creire vertadièrament ; desòla sos amics e regaudís sos enemics que tornan prendre los arguments meses aital a lor disposicion.


M. Yves Rouqette (esquèrra)
Estivada 2006


Es benlèu pas la pena de tornar sus la mediocritat reala o supausada dels membres de las dieferentas acadèmias. De segur, a l'imitacion de « Paris, la grand' ville », i aguèt – e ne demòran fòrça – d'acadèmias un pauc pertot que recampavan naturalament los notables locals e, coma a l'Acadèmia francesa, los Immortals son estats – e o son encara sovent – doblidats lèu lèu !
Vanitas vanitatum ! L'èsser uman aima los joguets e los cascavèls… ieu coma los autres !

Çò d'interessant dins l'article de M. Yves Rouquette n'es la tota fin quand escriu : « Ceux qui le [l'occitan] tiennent de famille dispose d'un vocabulaire foisonnant, d'une syntaxe en acier trempé, d'une conjugaison irréprochable. »

Es un argument que ten pas, quitament se i a un brava part de vertat, plan segur… Per n'aver frequentat qualques uns, d'aqueles que l'avián « popat », ai remarcat que se coneissián plan la lenga – lor lenga – pels domenis que los concernissián, èran pas d'una cultura enciclopedica e, en consequéncia, me podián pas assabentar sus la pesca en mar quand l'avián pas jamai vista, la mar ! E, coma avián jamai agut la possibilitat d'escambiar amb de locutors d'aquelas encontradas, o podián pas saber.
Per çò que concernís lo vocabulari en general, es abondós autan en occitan coma en francés pel monde qu'an agut l'escasença de se trobar dins un ambient favorable ; mas totas las familhas que parlavan patoès avián pas un vocabulari enciclopedic !
Vòli pas dire que nòstra lenga occitana siá mai paura que la lenga francesa mas avèm pas las aisinas necessàrias per espandir las coneissenças.

Ne va tot parièr per la sintaxi e las conjugasons…

M. Yves Rouquette critica la manca de coneissenças en occitan ; o poiriá far tot parièr pel francés que, çaquelà, aprenèm a las escòlas (!) …
La coneissença d'un vocabulari bèl, de la sintaxi, de las conjugasons deurián èsser bonas, me sembla… E pr'aquò, un cantaire plan conegut – cresi qu'es Bashung – ditz dins una cançon de son darrièr disc : « Je courirai » (sic) ; qué dire tanben dels jornalistas, presentators, etc. dins los mèdia quand parlan de la « fracture de l'utérus » o dels « festivaux », etc. ?
Qual es lo « vièlh » – subretot s'es estat ensenhaire coma M. Yves Rouquette – que repotega pas quand enten mots mal emplegats o conjugasons escarraunhadas sens parlar de la sintaxi desconeguda ?

Dire que « ceux qui le tiennent de famille » son « les vrais maîtres de la langue » es denegar lo drech e la possibilitat a qui que siá d'aprendre una lenga autra que la qu'a popada !
M. Yves Rouquette fa de reviradas del latin e del grèc e degun li ditz pas qu'a pas lo drech pr'amor a pas popat lo latin e lo grèc classic.
Los que parlan una lenga estrangièra, la pòdon pas parlar coma cal del moment que l'an pas popada !
Los occitanofòns naturals serián los sols capables d'èsser bilingues (o tri- o mai) pr'amor que coneisson – quitament se l'an pas popat ! – lo francés aprés a l'escòla, entendut per carrièras, etc. e l'occitan qu'an popat, eles !
Ieu, pauròt, l'ai pas popat ; l'ai sonque aprés ; adara, ensagi de l'escarraunhar pas tròp e d'ecriure un occitan basic.
Tornarai dire çò que me disiá mon sògre quand vesiá que m'interessava a l'occitan : « I arribaràs pas… Lo patoès, aquò s'apren pas ; aquò se sap ! »
Me desencuseratz, monde… fau mon possible !

Al delà del nom que poiriá èsser « Acadèmia de la lenga occitana » o quicòm mai, e que sembla encolerir M; Yves Rouquette, la question se pausa d'una autoritat reconeguda de totes e acceptada per totes dins lo domeni de la  lenga.

Me permeti de balhar part d'un corrièl de En Jean-Claude Rixte, lingüista e occitanista dubèrt – òc, son pas totes obtuses ! – que m'escriu en parlant de l'Yves :

li demandariáu :
1. se la question de la nòrma se pausa o pas.
2. se se pausa, coma se fai que fuguèt pas reglada dau temps qu'era Secretari generau de l'IEO.
3. se se pausa pas, qunte occitan fau ensenhar en defòra d'Occitania o utilizar dins leis otisses de traduccion automatica (uèi catalan-occitan, deman anglés-occitan...).
4. se l'idèia (o l'appelacion) d' "Academia de la lenga occitana" li agrada pas, qunta mena (e nom) d'organisme de regulacion prepausariá, alevat la fisança a la generacion espontanea o l'intelligencia innada dei usatgiers.
Tot parier coma lei preses dins lo sistema capitalista : sabem ben que son "normalament" armonizats per lo mercat...

La discussion demòra dubèrta…



de seguir benlèu
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Andriu de Gavaudan - dans Lenga
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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 10:19
« Les cons, ça ose tout ; c'est même à ça qu'on les reconnaît ! »
Replica de Fernand Naudin dins la scèna de la cosina
in Les tontons flingueurs (1963),
film de Georges Lautner e dialogues de Michel Audiard.

Yves Rouquette – nascut en 1936 a Seta – ten cada setmana, dins La Dépêche du Midi, una cronica « Accent d'oc » en lenga nòstra, es a dire en francés, estant que « la langue de la République est le français ». Fa pròva aital de son respècte de l'article II de la Constitucion francesa, ajsutat en 1992.

Vaquí qualques tròces de l'article de la rubrica « Accent d'oc » paregut dins La Dépêche du Midi del dimenge 4 de mai de 2008 (e tanben dins Le Petit Bleu de Lot-et-Garonne del meteis jorn, coma fan pagina comuna).

M. Yves Rouquette
Estivada 2006

Une « Académie occitane » ?

Ne vous hâtez pas trop d'en rire : il y en a qui en rêvent. Il y en a qui se défoncent la cervelle à en définir le statut, le mode de désignation de ses membres, leur nombre et leurs pouvoirs.
Le mot Académie fascine les médiocres, depuis des siècles ; depuis que Richelieu a décidé d'en créer une pour le rooyaume de France, en 1635. […]
Quatre cents ans plus tard ou presque, les académiciens français n'ont produit ni poétique, ni rhétorique et la grammaire qui finit par voir le jour en 1932 est tout aussi conservatrice que son principal rédacteur, Abel Hermant, futur ministre collabo. Quant à son dictionnaire […], il n'a pas jusqu'ici valu tripette et ceux qui écrivent en français s'en soucient comme de colin-tampon.
Ça n'a pas empêché les Académies de province de proliférer.  Chaque ville un peu importante a la sienne, à commencer par Toulouse, siège des Jeux Floraux, où la part du pauvre est faite à l'occitan dans la distribution des prix. Richelieu avait choisi les écrivains les plus médiocres de son temps pour siiéger dans son institution. […]
Y aura-t-il un Richelieu du Sud pour lancer l'Académie d'Oc dont certains réclament la création ? Il faudrait pour cela qu'il y eût un pouvoir politique occitan et on en est bien loin. Où irait-il pêcher ses « Immortels » ? Sans doute parmi les notables auto-proclamés, écrivains sans talent, militaires de haut rang, dignitaires des Églises, ânes bardés de diplômes et occitanistes obtus. L'occitan n'en a pas besoin. Ceux qui le tiennent de famille disposent d'un vocabulaire foisonnant, d'une syntaxe en acier trempé, d'une conjugaison irréprochable. Ce sont eux les véritables maîtres de la langue, c'est à leur école que se sont mis les meilleurs écrivains et non pas à celle des cuistres, des notables et des peine-à-jouir.

Fòrça monde coneisson M. Yves Rouquette jol nom d'Ives Roqueta, escrivan francés de lenga occitana, e presan sos obratges escriches « en lenga nòstra » coma aimava de o dire quand defendiá la lenga e la cultura occitanas. L'an passat, l'Institut d'estudis occitans publiquèt dins sa colleccion A Tots – après maites autres obratges – Lo filh del Paire e la pagina quatre de cubèrta nos anóncia : « Aquel grand escrivan, de segur un dels mai creatius de sa generacion s'es illustrat amb un quarantenat d'obratges dins totes los domenis de la literatura (romans, novèlas, poèmas, ensages, teatre, reviradas…).
Me soi totjorn tengut luènh de las garrolhas occitano-occitanas mas, a còps, m'arribi d'èsser present e sovent me cali non pas perque ai pas cap de responsa als arguments utilizats mas subretot pr'amor que n'ai mon confle de totas aquelas sansonhas que fan pas que desvolopar çò que qualqu'un a apelat lo « plaser mortifèr » dels Occitans.
La lenga occitana es pas en bona santat e es un eufemisme ! Es pas de uèi e citarai Jansemin (1798-1864) que, dins son epistòla a Silvan Dumon, escriu – èra en 1837 ! – : « De sabents francimands / La condamnan a mòrt desempuèi tres cens ans ; / Tanplan viu ça que la… » En despièch de totas las atacas, nòstra lenga viu, quitament se malauteja. Las rasons ne son conegudas e i tornarai pas… Dempuèi qualques annadas, las atacas son vengudas frontalas de la part dels que nos governan e deputats e senators – levat una minoritat – an facha lor lo dògme de « un país, una lenga ». Pels mai joves, me contentarai de rapelar que lo candidat Mitterrand aviá metut dins sas cent dètz proposicions la promocion de las lengas istoricas de França e aviá parlat de reparacion istorica ; un còp elegit, avèm agut la responsa de Zazie (Cf. Raymond Queneau) e sèm estats colhonats !
Per tornar a M. Yves Rouquette, assistiguèri a una des sas prestacions (!), dos ans a, a l'Estivada de Rodés ont èra estat convidat – amb En Marcèu Esquieu - per parlar del problèma de la « Traduction ». De revirada, se'n parlèt pas gaire mas ausiguèrem M. Rouquette parlar d'el e de son trabalh, de sa coneissença de la lenga occitana que EL aviá popada al brèç – òc, perfèctament, Mossur ! – e de la mediocritat dels ensenhaires de l'ora d'ara qu'èran incapables de parlar la lenga e que coneissián pas res a la literatura amb coma resultat que tot lo chuc de la lenga « popada al brèç » s'ausissiá pas pus, etc. Doblidèt pas de dire qu'èra l'un dels darrièrs locutors vertadièrs qu'aguèsse la Coneissença…
Vesètz qu'es pas novèl… I torna dins l'article çai-sus e mòstra un amarum - ne coneissi pas la causa quitament se l'endevini – e se fa aital l'aliat objectiu, e mai las rasons foguèsson diferentas, dels que, un pauc pertot mas subretot en Gasconha e en Provença, fan tot per discreditar nòstra lenga e nòstra cultura.
Se fa lo complici de monde que, generalament, coneisson pas la lenga e fan de lobbying – en francés naturalament – per dire que l'occitan es una lenga farlabicada e que, de tot biais, la sola lenga vertadièra es la del cloquièr que se deu escriure coma es prononciada, es a dire a la francesa ! Donc parlan de bearnés, de « beròi parlar », de gascon – se son un pauc mai aluserpits ! – de mistralenc, etc. En mai d'aquò, lor prepaus a un frescum de xenofobia e denegan a totes los que son pas natius de l'endrech – vilatge, vilòta, region – lo drech de parlar lor lenga o d'escriure sus lor lenga – que parlan pas !
A qualqu'un que li fasiá repròchi d'aver pas intervistat los Occitans occitanistas – pas pro, aparentament – a son vejaire, a prepaus d'una emission sul país d'òc, lo jornalista Claude Villers li respondèt que, seguiguèsse son conselh, lo jorn que fariá una emission suls cons deuriá intervistar pas que de cons !
Vòli pas far injura a l'Ives Roqueta – me perdonarà d'emplegar son nom de calam ? – mas, en fasent çò que fa, en escrivent çò qu'escriu, fa lo lièch de tot aquel monde que lors arguments son los del partit de la drecha extrèma : refús de l'Autre per exemple, xenofobia, replegament sus se e promotors d'un País d'òc « moisit » – per copiar Sollers.
Per acabar, dirai que i a qualque incoëréncia a escopir suls occitanistas serioses – n'i a pas que d'obtuses ! – e a acceptar de veire sos escriches publicats per l'Institut d'estudis occitans.
Que regrète que la lenga ne siá pas pus la dels paires es una causa, qu'escopisca suls que vòlon pas que la lenga crèbe, en l'ensenhant, en l'aprenent, en fargant mots de l'ora d'ara, etc. n'es una autra…
Last but not least, tota lenga evoluís e se, a la tota fin, dins Lo Filh del Paire, Dieu davala sus tèrra fins a la fin del monde, perqué l'occitan, lenga rica de sas varietats dialectalas, se tornariá pas reviscolar per carrièras e dins la vida vidanta ?

De seguir benlèu…

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Andriu de Gavaudan - dans Lenga
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11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 11:55
Comparason es pas rason !
Podèm pr'aquò reagir a la campanha anti-Jòcs Olimpics pr'amor de la politica de China cap a Tibet. Seriá dificil d'èsser pas d'acòrd quand critican lo poder politic chinés e quand demandan que los dreches de l'Òme sián respectats en Tibet.
Aqueles Jòcs son l'escasença d'un interès renovelat per un país, Tibet, qu'es pas jamai estat conegut per son bellicisme. E los Tibetans l'an plan comprés que, dempuèi qualque temps, an emplegats totas menas de mejans per far saupre a l'exterior la realitat que vivon desempuèi un brave briu… Per far cort, la China comunista – e los Hans – a seguida la politica dels emperaires chineses e a impausat lo mandarin coma lenga de la "nacion chinesa", quitament se daissa las autras lengas èser emplegadas dins la vida vidanta per las relacions personalas e de proximitat…
Aquò vos ditz pas res ?Los mèdia franceses, los òmes politics, los sindicats, los Franceses denóncian aquela politica e l'indignacion es reala ; privar un pòble, los Tibetans, de son independéncia encara passa (sic) mas privar los Tibetans de lor lenga e lor cultura es un crimi abominable… An rason !
Se sètz ninòi coma ieu, vos cal escriure als mèdias per dire que sostenètz la lucha dels Tibetans mas podètz apondre que – sens parlar d'independéncia – dins lo domeni cultural, frança es plan malvenguda de voler donar leiçons e de s'indignar a prepaus de la politica "imperialistica" de China.
França a pas qu'una lenga e lo frances, dempuèi 1992, es la « langue de la République ». Podèm parlar « patoès » en familha o amb lo amics del poment que parlan lo « patoès » eles tanben mas es pas question de voler emplegar lo « patoès » per quicòm mai levat parlar als cans e als gats…
França refusa totas las lengas istoricas parladas sus son territòri mas defend ls culturas e las lengas de tot pòble en defòra.
L'homo gallicus, per definicion, parla francés, una lenga universala, e foguèt creada una Académie per defendre e promòure aquela lenga ; lenga universala amb lo sègle dels lums, lenga de la libertat amb la Revolucion francesa, etc. L'anglés, a ostat, es pas qu'un paure pidgin !D'uns chineses an trobat la copa a França en prepausant als internautas de demandar a França d'acordar l'independéncia a Corsega. Lo ridicul a pas jamai tuat degun, ça dison nòstras bèlas armas exagonalas. Perqué ?
Los que militan en França per que viscan las lengas istoricas demandan pas l'independéncia – levat qualques-uns – mas vòlon tot simplament que lor lenga siá ensenhada e socializada, vòlon aver accès als mèdias publics dins lor lenga…
Mas, coma en China, es una inconguïtat ! Un pòble, una lenga… Circulatz, i a pas res a veire !
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Andriu de Gavaudan - dans Lenga
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24 janvier 2008 4 24 /01 /janvier /2008 12:04
Dins un dels darrièrs numèros de La Setmana, i aguèt una responsa a un legeire que demandava d'esclarciments sus un mot de vocabulari – lo « maïs » en francés – qu'èra pas lo meteis dins las diferentas regions d'Occitània.
La seccion d'IEO-Aude – L'Esquirolet n°18 –  amb lo concors d'Occitanie-passerelle ven de far un numèro especial aquí dessús. Vos'n balhi l'essencial de çò qu'es dins aquesste numèro. Los que vòlon mai d'entre-senhas pòdon s'adreçar a
                                Ostal siventès ostal.sirventes@wanadoo.fr

LE  MILHÀS     (L’exposé de Lidwine, à Carlipa)

 HISTORIQUE

Le mot Milhàs vient du mot Milh, désignant le "millet" en occitan, le maïs ayant longtemps été appelé gròs milh en Occitanie. Le milhàs était une bouillie de millet bien avant d'être une bouillie de maïs. En Corse, on appelle « Milhacciu » une bouillie de farine de châtaigne, qui a emprunté, elle aussi, son nom au millet.
Avant l'introduction du maïs en Europe, on cultivait donc du millet partout ; céréale d'été à petit grain, botaniquement assez proche du maïs. On en mangeait beaucoup, partout, depuis l'antiquité.
Dès son introduction au milieu du XVIIe siècle, le maïs s'est adapté très facilement aux conditions naturelles lauragaises, avec la formation de variétés locales. Ainsi, le maïs a complètement remplacé le millet, au point que la quasi totalité des variétés européennes de millet ont disparu. Le millet s'est mieux défendu en Chine, où il y a encore des cultures et des collections variétales. Il y a quelques années, on cultivait encore un peu de millet en France mais ça reste marginal.

Jusqu’au milieu du XXe siècle, dans toutes les plaines du Sud-Ouest, la moitié pauvre de la population consommait quotidiennement du maïs, y compris à Toulouse. Ceci a permi d’exporter le blé (froment du Lauragais, très prisé pour la panification) qui était aussi très cultivé (plan triénal : blé/mais/jachère) et qui fit la fortune de beaucoup de familles lauragaises.
Les métayers pelleversaient à la main le carré de maïs dont ils tiraient la ration alimentaire de base de leur famille. La culture n'était pas irriguée et résistait très bien à la sécheresse. On cultivait notamment une variété de maïs à grain blanc appelée « Millette du Lauragais ». Ses rendements étaient énormes, surtout par comparaison avec ceux du blé.

Alors qu'elle était encore un peu cultivée dans les années 70, cette semence est difficile à trouver aujourd’hui. Si vous connaissez quelqu’un qui en possède, merci de m’en faire part.

CULTURE DU MAÏS

Alors que jusqu’au milieu du XXe siècle, le maïs était cultivé surtout pour nourrir la population locale, aujourd’hui, le maïs est cultivé principalement pour donner à manger aux animaux que nous mangeons.
En effet, la consommation de viande a très fortement augmenté après la seconde guerre mondiale, ce qui a incité à une culture intensive du maïs, afin d’augmenter le rendement à la production.

Cependant, la culture intensive du maïs pose des problèmes écologiques à cause de l’utilisation des pesticides et de l’irrigation.
    => Les pesticides se retrouvent en faible quantité dans l’alimentation mais se concentrent au fil de la chaîne alimentaire dont nous sommes le dernier maillon. Ils se retrouvent aussi dans les eaux de nos sources et de nos rivières. D’après l’Institut Français de l’Environnement (IFEN – dépendant du ministère de l’Ecologie) on trouve des résidus de pesticides dans 96% des eaux superficielles et dans 61% des eaux souterraines en France (rapport d’Aout 2006 sur une étude 2003-2004).
Or, les pesticides posent un véritable problème de santé publique, et pas seulement pour les utilisateurs qui sont les plus exposés, mais aussi pour la population générale. En effet, les effets de faibles quantités de pesticides, en mélange, pendant des périodes longues posent de nombreux problèmes de santé. L’épidémiologie nous montre que les personnes exposées aux pesticides ont plus de risque de développer de nombreuses maladies que les autres :  cancer,  malformations congénitales,  problèmes d’infertilité,  problèmes neurologiques ou encore  système immunitaire affaibli sont plus fréquent chez eux !

 => L’irrigation présente deux inconvénients majeurs pour les milieux aquatiques (étude du CNRS):
        1) elle est grande consommatrice d’eau (au niveau mondial, les prélèvements en eau de l’irrigation représentent aujourd’hui environ 70 % des prélèvements totaux). En outre, toute cette eau ne parvient pas aux plantes car les pertes sont importantes. Ces pertes sont dues soit à des fuites sur canalisations, soit à l’évaporation de l’eau qui stagne sur les sols.
        2) l’irrigation salinise nos sols et les dégrade. En effet, si l’eau d’irrigation n'est pas drainée, elle stagne dans les champs, et s’évapore lentement, laissant en dépôt les sels dissous qu’elle contient. Cet excès de sels stérilise progressivement les terres qui doivent être abandonnées.

La culture intensive du maïs pose aussi un problème de bio-diversité car en confiant la gestion des semences à des semenciers industriels, on obtient une sélection des semences les plus productives en quantité, mais quid de la qualité ?
En effet, les industriels ont intérêts, pour rationaliser leurs coûts, à ne produire qu’un petit nombre de variétés. Ainsi, les variétés locales, adaptées à la typicité de la région, ont quasiment disparues.

Chaque effet ayant une cause, et puisque la culture intensive du maïs est due à la consommation humaine de viande, on peut alors se poser individuellement la question de notre consommation de viande. En effet, si on réduit celle-ci, la culture intensive du maïs ne sera plus nécessaire et on réduira l’impact de notre société sur celle de demain.

LOS MOTS DE MILH

Le mot milh désigne indifféremment en occitan le mil, le millet et le maïs. Appelé également Blat d’Espanha, blat turc voire blat de Barbariá en Béarn, Gascogne et Languedoc. En Limousin, on parle de blat-mièg-Bigòrra. – [En Gèrs, Armanhac tròban turguet ; en Shalòssa : indon – (lo blogaire)]
Le gròs milh désigne le maïs, le pichòt milh ou milh menut le millet ; le grand milh, c’est le sorgho.
La milhauca, c’est le panic ou le sorgho à balais : las calhas van a la milhauca : les cailles recherchent les graines de panic ; tant valdriá s’apelar milhauca : autant vaudrait n’être rien du tout. On peut également dire : es un gran de milh dins la gula d’un ase : ce n’est rien du tout.
Le maïs a une tige : la camba, des grains : lo gran accrochés à l’épi : la cabòça, la còca, le coscorilh. Le maïs a également una pelhòfa.

Ara, un pauc de literatura…
Ne profiti per vos balhar una fabla d'Antony Tozy
09-Dens-lou-turguet.jpg(1852-1911), poèta felibre neraqués (Òut e Garona) que tiri de Dens las sègas que tornèri publicar en 1978 – amb d'illustracions d'Yves Chaland – en grafia classica a las edicions de l'Escòla occitana d'estiu.

Dessenh dins l'edicion oriignala —>

DENS LOU TURGUET

La gran Jenny, joueno drouleto,
A dus pas d’un cam de turguet
Dens un estouil aou proche de Taouzietto
Ourdaouo en tricouta la troujo de Basquet.    
Passèt lou gran Jannot : Que hès aqui praoubeto
A te cose aou rebat dou soureil
Coma un mousquit dens un careil,
S’en vos crese, dècho aqui tas
caussetos
As prou tricoutat per aney
E say m’ayda baou amassa doucetos,
A tout dus qu’aouran biste hey.
La gran Jenny, sans maou pensa,   
Dan Jannot s’en engout serca,
E serco tanli, serco tanla
Tout dus qu’entrèn sans tarda
Den la règo dou turgueta.         
Un cot aqui tout en serca salada
Lou gran Jannot, rouat como un païsan
Ço de prumè boutèt la man
Sou pissenli de la maynado.      
Juste en aquet moumen, pressat per un besoun,
Lou bente bourrat d’escaoudoun,
Moussu curè de Couquillon
S’enfilèt dens lou turgueton      
Dens soun estouil, la troujo de Basquet,
Lou mus secat, la coueto en jimbelet,
Aouejado, trapet, trapet,
Qu’entrèt taben den lou turguet.      
E dens la plano ensoureillado
Tout qu’es carèt.
Veygoun pas mêmo a la boulado
Passa un aouset.                        
La troujo soulo pouscout beze
Ço qu’es passèt
Digout pas res, mè gaouzi creze
Que s’esclaffèt.           
Dou coustat dou curè partiscout tout d’un cot
Un gros pet qu’echantèt Jannot,
La Jenny poussèt un chisclet,
Moussu curè se quillèt tout dret   
Coumo un lambret,
E tout tres, rouges como piots,
S’en angoun gahats et capots,
Lo gran Jannot à mitat nu,     
La Jenny lo bente madu
Et lou curè la crotto aou cu.

Moralité
Il ne faut pas juger les gens sur l’apparence,
Le plus cochon souvent n’est pas celui qu’on pense. 

  Dessenh d'Ives Chaland
dens-lo-turguet-nb.jpg
 DENS LO TURGUET

La gran Jeni, joena drolleta,
A dus pas d’un camp de turguet,
Dens un estolh au pròche de Tausieta
Guardava en tricotar la troja de Basquet.                     
Passèt lo gran Janòt : « Que hès aquí, praubeta,
A te còser au rebat deu sorelh
Coma un mosquit dens un carelh ?
Se’m vòs créser, dèisha aquí tas caucetas.                    
As pro tricotat per anuèit
E ça’i m’aidar ; vau amassar docetas.
A tots dus qu’auram viste hèit. »
La gran Jeni, sens mau pensar,                               
Damb Janòt, se n’angot cercar.
E cerca tanlí, cerca tanlà,
Tots dus qu’entrèn sens tardar
Dens la règa deu turguetar.      
Un còp aquí, tot en cercar salada,
Lo gran Janòt, roat coma un païsan,
Çò de prumèr botèt la man
Suu pissenlit de la mainada.      
Juste en aqueth moment, pressat per un besonh,
Lo vente borrat d’escaudon,
Mossur curè de Coquilhon
S’enfilèt dens lo turgueton.       
Dens son estolh, la troja de Basquet,
Lo mus secat, la coeta en gimbelet,
Avejada, trapet trapet,
Qu’entrèt tanben dens lo turguet.     
E, dens la plana ensorelhada,
Tot que’s carèt ;
Veigón pas mèma a la volada
Passar un ausèth.                      
La troja, sola, poscot véser
Çò que’s passèt.
Digot pas res mès gausi créser
Que s’esclafèt.                            
Deu costat deu curè partiscot tot d’un còp
Un gròs pet qu’eishantèt Janòt.
La Jení possèt un shisclet ;
Mossur curè se quilhèt tot dret      
Coma un lambrec.
E tots tres, roges coma piòts,
Se n’angón gahats e capòts,
Lo gran Janòt a mitat nud,                         
La Jení lo vente madur
E lo curè la cròta au cuu.

Moralitat
Il ne faut pas juger les gens sur l’apparence,
Le plus cochon, souvent, n’est pas celui qu’on pense.


Es un pauc forra-borra mas soi segur que vos i tornaretz trobar…
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Andriu de Gavaudan - dans Lenga
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23 janvier 2008 3 23 /01 /janvier /2008 21:34
Las abreviacions

[Per la tipografia en general e las abreviacions en particular, devèm téner compte que nos trobam dins l'encastre francés – levat per la val d'Aran e las Valadas italianas. Pensi qu'es bon de seguir las règlas de la tipografia del francés, levat quand es impossible.]


Las abreviacions son generalament pas emplegadas dins un tèxte normal ; pr'aquò, son utilas dins

- las nòtas de bas de pagina ;
- los libres tecnics ;
- los diccionaris, gramaticas, etc.

Principis

I a diferentas faiçons d'aqbreujar un mot :
- En suprimint las letras finalas, totjorn avant una vocala. La fin del mot es remplaçada per un ponch/punt.
        av. (avenguda)    indic. (indicatiu)    adj. (adjectiu)
- En suprimint letras a l’interior d’un  mot ; dins aquel cas, i a pas de punt a la fin.
        qqn (qualqu’un)      bd (baloard)
- En gardant pas que la primièra letra.
        v. (veire)            t. (tòme)

Remarca : Cal un punt abreviatiu levat quand es simbèl del sistèma internacional d’unitats :         g (grama)        h (ora)

Las abreviacions seguisson las règlas de las capitalas.
        Antiq. (Antiquitat, lo periòde)    antiq. (antiquitat, un objècte)

Las abreviacions correntas son generalament invariablas ; n’i a pr’aquò que prenon la marca del plural.
    Ser, Sers (sénher)     Dna, Dnas (dòna/dauna)    Dr, drs (doctor)
    no, nos
    (numèro)
    1èr, 1èrs (primièr/prumèr)    1ra, 1ras (primièra/prumèras)
    2en, 2ens (segond)                2na, 2nas (segonds)

Remarca : En occitan gascon, los numerals son epicèns :
2au, 2aus (g.)

Lo problèma se pausa pels numerals de saber se los cal far seguir d'una o de mai d'una letra en expausant.
Lo francés a causit e al singular e es al plural en expausant, levat per primièr ont trobam la marca del genre e del nombre : 1èr, 1èrs, 1ra, 1ras.
En occitan, pensi qu'es bon de seguir lo francés per çò que concernís primièr/prumèr mas coma, pels autres ordinals, avèm un genre e un nombre, me sembla mestièr de far coma per primièr/prumèr ; permet tanben una armonizacion amb lo gascon que los ordinals son epicens en -au [aw] e  que lo diftong se pòt pas desseparar  ! Prepausi donc d'abreujar coma indicat çai-sus : 2en, 2ens, 2na, 2nas – en gascon 2au, 2aus.

Abreviacions e sigles


Los sigles (en capitalas) sont balhats ara sens ponches abreviatius – UNESCO ; pr’aquò se pòdon totjorn escriure amb los punts – C.Q.F.D.
En bas de caissa, servan los jonhents e sos punts abreviatius
Abreviacion de dos elements de una letra an pas cap d’espaci o un espaci insecable ; los autres an un espaci insecable.

Abreviacions correntas

acus. — acusatiu
adj.
adjectiu
adv.
advèrbi
alg.
algèbra ; algebric
anal.
analogia
anc. 
ancian
apend. 
apendici
apr. J.C. 
après Jèsus Crist
arc.
arcaíc
aritm.
aritmetic ; aritmetica
arr.
arrondiment
art.
article
auv.
auvernhat
ab. J.C. 
abans Jèsus Crist
av.
avenguda, avienuda
bal./bd
baloard
bdc
bas de caissa
biol.
biologia
bot.
botanica
bull.
bulletin
cap.
capitala (geografia)
CAP
capitala (tipografia)
capit.
capítol
carr.
carrièra, carrèra
ch 
caval vapor (tecnic)
CV
caval vapor (fiscal)
coll.
colleccion
col.
colona
compl.
complement
condit.
condicional
Con
canton
Cia
  companhia
contemp. 
contemporanèu
cf.
confer (comparatz amb)
CV
Curriculum vitæ
d.
data
Da, Das 
dona, donas ; dauna, daunas
dem. 
   demonstratiu
dep.
departament
dicc.
diccionari
do
dito (dejà dich)
Dr 
doctor
doc.
document
Dla, Dlas
damisèla, damisèlas
ed. 
edicion
edit.
editor
epil.
epilòg
equiv.
equivalent
Ets
Establiments
etc. 
et cetera
etim.
etimologia
ex.
exemple
exp.
expeditor
fasc. 
fascicle
fut.
futur
f.c. 
fòra comèrci
h.c.
hòra comèrci (gasc.)
f.t. 
fòra tèxte
h.t. 
hòra tèxte (gasc.)
f./fem.
femenin
fo, fos
folio, folios
fcò 
francò
g./gasc.
gascon
geogr. 
geografia
geom. 
geometria
graf. 
grafic
gram.
gramatica
grav.
gravadura
ibid.
ibidem
i. e. 
id est (es a dire)
id.   
   idem (lo meteis ; lo medish)
indic.
indicatiu
inf. 
infinitiu
introd.
introduccion
invar. 
invariable
ital. 
    italic
JO 
Journal officiel
lem. 
lemosin
lengad. 
lengadocian
l. 
linha, linhas
loc. 
locucion
loc. cit. 
loco citato (passatge citat)
loc. laud. 
loco laudato (passatge aprovat)
Mme, Mmes 
Madame, Mesdames
Mlle ; Mlles
ms., mss 
manescrich, manescriches
m./masc.
masculin
M., MM. 
Monsieur, Messieurs
mod. 
modèrne
NB/N.B. 
nota bene
N.D.A. 
nòta de l’autor
N.D.E.
nòta de l’editor
N.D.L.R. 
nòta de la redaccion
no, nos 
numèro, numèros
op. cit. 
opere citato (òbra citada)
occ. 
occitan
p. passat
p. comp.    passat compausat
p. cap.    petitas capitalas
p. j.  
pèças jonchas ; ~juntas
paragr. 
paragaf/§
PS/P.S.    post scriptum
prov.
provençau
ro  
  recto
secc.    seccion
s.
—  sègle
s. d.    sens data
s. l.        sens luòc
s.l.n.d.    sens luòc ni data
sq.   
    sequiturque (e seguent)
sqq. 
   sequunturque (e seguents)
supl. 
   suplement
subs.  
  substantiu
t.
—  tòme
trad. 
   traduccion
traduct. 
   traductor
vo  
      verso
vol.  
  volum
VO  
version originala

Remarca : La o en expausant dins
vo, ro, etc. es pas lo signe del gra (°) mas una o mesa en expausant.

Los ponches cardinals

N        nòrd    E        èst    S        sud    O/W    oèst

Quand los punts cardinals son mençonats per las inicialas – NE, SO, NNE –  pedr designar dos airals opausats s’emplega un jonhent NNE-SSO.

Signes dels punts cardinals :
Lo gra, la minuta e la segonda s’escrivon pas e son repressentats atau
°        gra
’        minuta
’’        segonda

Sigles e acronims

Un sigle es un grop de letras inicialas de mai d’un mot ; cada letra es prononciada separadament.
    CNRS [cnrs]       
Un acronim es un sigle que  pòt èsser prononciat coma un mot normal.
    OPEP [opèp]

Unitats de mesura

A        — ampère        SI – intensitat electrica
A/m    — ampère per mètre
Ah        — ampère-ora
a        — are        SI – susfàcias agràrias =
bar       — bar        SI – pression
Bq       — Becquerel    SI – activitat radioactiva
cal       
caloria
cd       
candela        SI – intensitat luminosa
C     
  coulomb    SI – carga electrica
°      
gra        SI – angle
°C    
   gra Celsius
°F     
  gra Fahrenheit
°      
  gra geografic
∂     
  dioptria            vergença
F    
   farad        SI – capacitat electrica
gr/gon 
  grad        SI – angle
g      
grama        SI – massa
Gy 
      Gray        SI – dòsi absorbada
H   
    Henry        SI – inductancia
Hz   
    Hertz        SI – frequéncia
h    
   ora        SI – temps
J    
   Joule        SI – energia
j/d  
    jorn/dia        SI – temps
K   
    kelvin        SI – temperatura termodinamica
l.    
   litre        SI – volum
lm  
    lumen        SI – flux luminos
lx   
    lux        SI – esclairatge luminós
’    
   minuta d’angle
min 
      minuta
mol 
      mòle
N    
   newton
Ω    
   ohm
rad  
    radian
Pa   
    pascal
”   
    segonda d’angle
s   
    segonda
S  
    siemens
t    
   tona
V   
    vòlt
W  
    watt
Wb   
    weber

Cal totjorn qu'una abreviacion siá compreensibla e, de mai, deu èsser identica dins tot l'obratge concernit.
Les abreviacions devon èsser presentadas al començament del libre amb las autras explicacions que pòdon ajudar lo legeire.
                                                                        (de seguir… benlèu)
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Andriu de Gavaudan - dans Lenga
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9 janvier 2008 3 09 /01 /janvier /2008 00:00
Ne sauretz un pauc mai après…

Lo Conselh de la lenga occitana (CLO) foguèt creat qualques ans a per dire d'estudiar una nòma comuna als diferents parlars occitans…  Quitèt de s'amassar per rasons qu'interessan pas los que s'interessan pr'aquò a la lenga occitana.
Aviá pr'aquò preparat de preconizacions (mai d'un centenat de paginas) que foguèron difusadas pas que cap a de publics ciblats.
La còla dirigenta ven de decidir de publicar aquel document en linha, permetent aital una difusion mai larga…
P.S. Sabèm totes que quand s'agís de la lenga occitana, tot occitan o occitanista pretnd d'èsser un especialista al nom del principi que vòl que coma "mon papè la parlava…" mon avís a ieu deu èsser pres en consideracion ! NON !
Los qu'an participat a aquel document son d'especialistas reconeguts dins lor domeni e lor avís fan autoritat dins los mitans autorizats (coma se ditz).

Aconselhi donc al mond interessats d'aner veire aquelas preconizacions e de las telecargar eventualament per ne dispausar.
Numèro 6 de la revista Lingüistica occitana :
       
http://www.revistadoc.org
Las preconizacions graficas unitàrias del Conselh de la lenga occitana (a l'article de legir) :                 http://www.geocities.com/guilhem_nou
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8 janvier 2008 2 08 /01 /janvier /2008 10:20
De la tipografia en generau

N'estossi pas autan peressós – feniant se voletz –, que poirí har un sarròt de causas interessantas senon peu ben de l'umanitat au mens peu ben de la nòsta lenga e de la nòsta cultura… Mès qu'es atau, feniant que soi, feninat que demori !
Lo privilègi de l'atge – e la lectura de quauques libes – que m'a permés d'aquesir pr'aquò quauques rudiments de cultura e, sens me prevàler d'estar un especialista, que coneishi doas o tres causòtas…
A maugrat de quauques excepcions notablas, los libes que son publicats dens lo domeni occitan que son d'ua presentacion marrida, que sian libes dits de literatura o manuaus d'aprendissatge de la lenga o gramtica o vocabulari….
A qui la fauta ?
Que poirí díser que la fauta n'es a l'imprimeire pr'amor que, en teoria, es eth qui sap çò qu'es de bon har e çò qu'es marrit. Ailàs, levat dens quauques imprimarias granas, ont se pòden trobar obrèrs competents, la majoritat deus imprimeires de l'òra d'ara que's contentan de prénguer la disqueta electronica de l'autor… Aquera actitud qu'es de plànher quan pensam a las generacions e generacions d'imprimeires tipografs qui an trabalhat tà melhorar las polissas – fonts en anglés – de caractèrs e la presentacion deus obratges qui hargavan. Estar informatizat n'empacharà pas jamés qu'un libe sia d'ua presentacion marrida…
Davant aquera manca, que cau que los autors – los qui escriven, d'ua faiçon generau - e hàcian çò que deuré estar hèit per un professionau, e que sabi que n'es pas aisit! Los nòstes escrivans d'expression occitana qu'an un idea hauta deu lor engèni e, lo mei sovent, que pensan que n'an pas a pèrder temps sus aqueras menudalhas que son la pontuacion, los alineas, etc. E puish, desempuish que son informatizats – ua majoritat "microsoftizada" e ua minoritat "appleïzada" – que'us an dit que lo logiciau èra quaucomet qu'ac hasèva tot. Malaia !
Lo logiciau Word qu'es emplegat tà guaireben tots qu'es ua "usina de gas" tau qu'ua gata n'i poiré pas tornar trobar los sons gatons ; aqueth logiciau – mès los autes que son, a còps, parièrs – qu'es generaument parametrat tà un usatge estatsunidenc o anglés e mei estosse "localizat" en francés – customized in anglés.
Tà prénguer un exemple solet, l'alinea de paragraf qu'es en principi de un inch"pouce" en francés e que vau 2,54 cm – çò qui agressa l'uelh a la lectura d'un libe que la rega ne hè pas sonque dètz centimètres de long. Qu'ac cau donc parametrar en ténguer compte de la longor de la rega e de la hautor de la pagina… [Qu'avetz devut arremarcar que los inches nos an envadits e que los ecrans d'ordinators e de television son mesurats en inches [1 inch = 2,54 cm] e non pas en centimètres ; totjorn l'excepcion francesa !] Ne vòli pas entrar dens los detalhs que prengueré tròp de temps, au mens tà l'òra d'ara.
Que'm diratz que los qui escriven an dejà pro de problèmas atau e que ne pòden pas ac saber tot. Se un escrivan vòu que los sons legidors hàcian l'esfòrç de'u legir que li cau, eth, har l'esfòrç de balhar un tèxte plan presentat e, com aprenguen a escríver, que pòt aprénguer un pauc de tipografia.
Tà aver ua idea mei precisa de çò que pòt estar ua tipografia de las bonas, que sufeish de  huelhetar libes beròis – colleccion de La Pleïade en çò de Gallimard per exemple – e, dens un prumèr temps, de'us seguir.
Aquí qu'atz quauques libes ta vs'aidar a har que lo resultat de la vòsta imaginacion e deu vòste talent – lo vòste cap d'òbra, qué – sia partatjat per un nombre totjorn mei gran d'admirators de la vòsta pròsa o poësia o deu vòste manuau d'aprendissatge de la lenga o de la vòsta gramatica o deu vòste vocabulari… – qu'esperavan desempuish l'Edat Mejana…
  
Los libes de tipografia que son en francés pr'amor que ne n'i a pas nat en occitan (que i trabalhi mès… que soi feniant !).
Un còp legit un d'aquestes tres libes – o los tres, perque pas – que vse troberatz mens piòts :
Peyrousseaux (Yves), Manuel de typographie française élémentaire, à l'usage des personnes qui pratiquent la PAO sans connaissances en typographie, Atelier Peyrousseaux éditeur – 20 euro.
Martini (Éric), Petit guide de typographie, Glyphe & Biotem éditions – 9,45 euro.
Boman (Patrick), Laucou (Christian), La typographie, cent règles, Le Polygraphe, éditeur – 7 euro.

e se voletz apregonir :
Abrégé du Code typographique à l'usage de la presse, CFPJ éditions, 6e édition – 13 euro.
Ramat (Aurel), Le Ramat typographique, éditions Charles Corlet – 9,15 euro.
Lexique des règles typographiques, en usage à l'Imprimerie nationale – 14 euro.

e, tà acabar, un logiciau :
Prolexis, logiciau hèra util tà l'ortografia francesa e anglesa ; e òc, tà l'occitan nada ! arren ! niente ! nothing ! – e, tà nosauts hèra util tà verificar la pontuacion : punt (.), punt interrogatiu (?), punt exclamatiu (!), punt-virgula (;), punts suspensius o puntets (…), virgula (,), dus punts (:), linheta (–), barreta (/), junhent (-), verguetas (« »), parentèsis (), croquets [] e un sarròt d'autas causas…

E veiratz qu'en aplicar quauques règlas simplas, lo vòste tèxte que vse semblarà enqüèra mei "ginhèc" !
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6 janvier 2008 7 06 /01 /janvier /2008 01:17
Una Gramatica provençala per una Provença d’ara…
 
Lo dinamisme del CREO Provença es pas mai a demostrar. Ne calguèsse una pròva pr’aquò, la poiriam trobar dins l’edicion novèla, repassada e corregida, tirada a 2000 exemplars  de la Grammaire provençale de Martin (Guy) et Moulin (Bernard) publicada en 1998 a 3000 exemplars e agotada – aquesta primièra edicion estant un avatar de la Grammaire du provençal rhodanien et maritime (1983). Levat qualques apondons – dicunt los autors – la diferéncia principala residís dins las mapas en fin d’obratge que se pòdon legir plan melhor que non pas dins la primièra edicion e… dins la cubèrta – qu’a cambiada de color – ont lo títol es en francés e en occitan.
Per rasons pertocant la situacion « geopolitica » (!) en Provença, los autors an pas escrich lo mot « occitan » sus la cubèrta mas an pas vergonha de l’emplegar dins lo tèxte pr’aquò. Lor getarai pas la pèira que lo meteis problèma se tròba dins l’airal lingüistic gascon ont l'emplec del mot « occitan » – popularizat  sens nada vergonha dins los manuals per los Grosclaude, Lapassade, Narioo… e autres promotors de nòstra lenga qu'avián comprés que la lenga del cloquièr o la lenga de la « petita patria » èra una carrièra bòrnia – sembla fòrabandit e ont vesèm espelir de grammaires gasconnes o de méthodes de gascon, e mai aquela regression lexicala – replec identitari ? – se justifiquèsse pas ! Personalament, pensi que l’emplec de occitan lengadocian, occitan gascon, etc. deuriá èsser la règla quand los autors vòlon mostrar lor « particularitat » !
Lo partit pres dels autors de la Grammaire provençale/Gramatica provençala (et atlas linguistique en couleur) a pas cambiat e la lenga d’estudi es la lenga francesa… Nos ofrisson una presentacion airejada e doblidan pas jamai d’èsser clars e precís. Dins l’abans prepaus – qu’an conservat –, o disián dejà en 1998  ; amb aquel prètzfach, an volgut « escapar a l’isolament  del provençal, entrentengut un temps per un corrent de pensada ultraprovençalista, en lo tornar plaçar dins l’ensems sistemic e istoric occitan – reintegracion facilitada per l’adopcion de la grafia ‘classica’ » e presentar un « estat de la lenga mai confòrme a la realitat […] geolingüistica e sociolongüistica ».
De nòtas nombrosas en bas de pagina permeton als autors – sens subrecargar lo tèxte – d’apondre una precision o d’explicitar una causida. Enfin l’obratge s’acaba amb dos capítols que balhan las caracteristicas màgers del vivaro-alpin e del niçard.
Lo succès d’un obratge aital mostra a l’evidéncia que lo mond qu’aprenon l’occitan de Provença an besonh d’una aisina simpla mas fisabla. De senhalar que lo CREO Provença a tanben publicat un Diccionari provençau-francés e un Diccionari de basa francés-provençau, plan utils totes dos e qu’an una cubèrta bilingüa coma la gramatica…
Personalament, m’agradariá que la còla del CREO Provença se decidiguèsse a assumir complètament l’occitan provençau quitament se – o reconeissi plan volontièrs – mas remarcas son pas que parpèlas d’agaça quand vesèm lo trabalh que tomban !

* MARTIN (Guy) e MOULIN (Bernard) Grammaire provençale/Gramatica provençala (et atlas linguistique en couleur), Comitat sestian d’Estudis occitans, CREO-Provença – IEO, 2007, 196 p. – Calade Diffusion [Édisud].

** FETTUCIARI (Jòrgi), MARTIN (Guiu), PIETRI (Jaume), Dictionnaire provençal-français, L’escomessa – CREO Provença, 2003, 572 p. [Diffusion Edisud].

*** LÈBRE (Élie), MARTIN (Guy), MOULIN (Bernard, Dictionnaire de base français-provençal, CREO Provença, 2004, 268 p. [Diffusion Edisud].


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9 novembre 2007 5 09 /11 /novembre /2007 11:56
La lenga occitana es Una dins sa diversitat.
Es a Antoine Houdar de la Motte (París, 1672-1731), poèta dramatic francés que devèm aquela maxima (!) « L'ennui naquit un jour de l'uniformité » que fa flòri demest los occitanistas e, a còps – tròp sovent ? – demest los occitanisants.
A fòrça de dire – o d'entendre dire – que tota forma gramaticala es legitima, tot forma lexicala es legitima, nos trobam mai d'un còp – tròp sovent ? – en preséncia d'una lenga (sic) – podèm pas parlar de « lenga » - o d'un tèxte complètament farlabicat que sos autors pensan èsser de bona lenga occitana…
Per las meteissas rasons, amb de mond que coneisson la lenga, la curiositat va pas mai luenh que lo cloquièr del vilatge o, pr'amor que son d'especialistas, çò dison, pas mai luenh que lo dialècte de la region !
Me calrà plan un jorn ensajar de desvolopar aquel argument que d'unes poirián pensar un pauc cort !
Considèri que los occitanistas – e quitament los occitanisants –, se fasèm pas mèfi, se meton al servici dels defensors de « las lengas d'òc »…

Aqueles qualques mots èran pas que per vos presentar - o tornar presentar – la Gramatica de l'occitan gascon contemporanèu que foguèt publicada en 2005 e que, fins ara, s'es venduda a l'entorn de 400 exemplars çò qu'es pas tròp missant se consideram l'estat de nòstra lenga.
A rescontrat, dempuèi sa publicacion, un silenci grand del costat de Gasconha… es a se demandar per qué ?
Los autors an pas volgut impausar res mas an volgut metre a la disposicion del mond una gramatica complèta – cab mai de 500 paginas – dins la lenga occitana de Gasconha (mas una lenga tecnica e non pas tipada]. An totjorn gardat a l'esperit lo fach que deu i aver, subretot dins l'ensenhament de la lenga, un parlar gascon mejan sens pèrdre de vista la panoccitanitat de la lenga.
Semblariá que lo silenci dels « elèits lingüistics gascons » venguèsse d'aquela causida…

Cub--rta---G.O.G.C-jpeg-Page-1.jpg

Romieu (Maurice)
e Bianchi (André), Gramatica de l'occitan gascon contemporanèu, Colleccion Saber-Lenga
Presses Universitaires de Bordeaux, 2005, 523 p.

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