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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 18:51

Qu’èran 4000 a Nerac (Òut e Garona) tà díser non a la LGV

DSC_0022.JPGQue se i son plan escaduts los organizators de la manifestacion anti-LGV e lo Charles D’Huyvetter que baileja l’associacion « Très grande vigilance en Albret » que pòt estar content deu resultat.

Qu’èran guaireben 4000, ça disón los responsables – 2100 segon la gendarmaria –, venguts a Nerac tà díser lo lor refús d’ua linha de grana velocitat (LGV) que sacrificarà milierats d’ectars de tèrras agricòlas e que harà ua traucada de las granas dens lo massís lanusquet. De memòria de Neraqués, que i avèva bèra pausa que Baïsa e lo son Pont Vièlh n’avèvan pas vist autan de monde !DSC_0039.JPG

Qu’èran venguts d’Òut e Garona e deus departaments vesins (Dordonha, Gèrs, Gironda, Lanas, Pireneus Atlantics, Tarn e Garona) mès deu País basco tanben e las bandaròlas qu’èran de sortida. Que se i podèva legir : « Non aux lignes TGV, oui aux lignes existantes », « Le bonheur est dans le pré avec la LGV ; le malheur est dans le prêt. Endettement : 45 ans », « Forêts massacrées, impôts multipliés » tà ne parlar pas sonque de quauques uas.

Lo cortègi, precedit per un detzenat de tractors, qu’empruntè, pendent duas oradas, las carrèras de la vila en passar suu Pont Nau e suu Pont Vièlh – lo qu’empruntava lo Reiòt (futur Enric IV) quand demorava a Nerac. Tà’s convéncer qu’èran autan nombrós, que s’assemblèn tornar suu herau a la fin de la manifestacion per las diferentas presas de paraula.

Los responsables de las associacions concernidas que tengón un discors identic : ua linha atau que ne servirà pas sonque a quauques uns puishque religarà unicament las metropòlis granas sens nat profit tau monde deus vilatges e maines. Las gents que son per ua modernizacion de las linhas existentas qui poirén perméter de córrer a l’entorn de 180 km/h a 210 km/h. Los elegits qui partejan aqueste combat – mei d’un qu’an « pres lo tren en marcha » totun – qu’anoncièn la creacion d’un collectiu d’elegits tà forçar lo govèrn e las autoritats regionaus o locaus concernidas a estudiar ua alternativa.

E tà manténer la convivéncia e restaurar un monde aganit, los organizators qu’avèvan previst entrepans gascons e vin de país qu’estón servits aus manifestants per ua armada de benevòles a la fin de la manifestacion.

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Andriu de Gavaudan - dans Vida vidanta
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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 15:34
Ua amiga que'm hè passar aqueste tèxte de Djemila Benhabib legit davant los senators francés a París lo 13 de noveme de 2009.
De segur, qu'ac cau har conéisher que los mèdia e los elegits semblan d'aver decretat un chut-chut generau…
Que semblna díser : " Que podetz dromir, brave monde ; que velham sus vosautes!"

MISSION PARLEMENTAIRE SUR LE VOILE INTEGRAL
per Djemila Benhabib, autora d'un obratge critic

Mesdames les sénatrices,
Mesdames les présidentes,
Mesdames et messieurs les dignitaires,
Chers amis,

Merci mille fois de ce grand honneur que vous me faites, aujourd'hui, de me consacrer parmi les Femmes debout et de permettre à ma voix, celle d'une femme de culture musulmane féministe et laïque de résonner dans cette prestigieuse institution de la République. Merci à vous, mes amies de Femmes solidaires et de la Ligue du droit international des femmes pour votre travail acharné, permanent et indispensable que ce soit dans les quartiers, auprès des femmes victimes de violences et discriminations, des sans papiers ou encore au sein des politiques et des instances onusiennes. C'est dire que c'est ici, localement que prend racine le travail pour les droits des femmes pour se répercuter à l'échelle internationale. C'est dire aussi que la Marche des femmes pour la liberté et l'égalité est une et indivisible. Lorsqu'une femme souffre dans un quelconque endroit de la planète, c'est notre affaire à toutes et à tous. Merci de nous faire sentir de mille façons que nous sommes les maillons d'une même chaîne.
Voilà encore quelques années, je n'aurais jamais imaginé que ma vie de femme, que ma vie de militante serait si intimement liée au féminisme et à la laïcité.
Je vous surprendrai peut-être en vous avouant que je ne suis pas devenue féministe en tournant les pages du Deuxième Sexe, ni en me plongeant dans ce magnifique roman d'Aragon Les Cloches de Bâle, où il était question entre autres de Clara Zetkin et de Rosa Luxembourg, deux figures de proue du féminisme et de la paix dans le monde.
Je ne suis pas devenue laïque en m'abreuvant de Spinoza, de Ibn Al-Arabi, de Descartes, de Ibn Khaldoun, ou de Voltaire, mon maître. Absolument pas.
J'aurais pu tourner mon regard ailleurs pour me perdre dans cette enfance si heureuse que j'ai eue dans une famille généreuse, cultivée, ouverte sur le monde et sur les autres, profondément engagée pour la démocratie et la justice sociale. J'aurais pu m'égarer dans la beauté de cette ville qu'est Oran où il faisait si bon vivre au bord de la mer. Cette ville qui a propulsé la carrière littéraire d'Albert Camus, avec son célèbre roman, La peste, jusqu'au Nobel de littérature. J'aurais pu ne rien voir, ne rien entendre des brimades, du mépris, des humiliations et des violences qu'on déversait sur les femmes. J'ai choisi de voir et d'écouter d'abord avec mes yeux et mes oreilles d'enfant. Plus tard, j'ai choisi de dire les aspirations de toutes ces femmes qui ont marqué ma vie pour que plus jamais, plus aucune femme dans le monde, n'ait honte d'être femme.
Pour vous dire vrai, à l'enfance et surtout à l'adolescence, je n'ai jamais rêvé de mariage, de prince charmant, de robe longue, de grande maison, d'enfants et de famille. Les quelques mariages auxquels j'avais assisté, en Algérie, me faisaient sentir que la femme était un objet bien plus qu'un sujet. Inutile de vous préciser que ma perspective était ultraminoritaire, car les femmes sont formatées à devenir des épouses puis des mères dès l'enfance. Je devais avoir, quoi, cinq, six, peut-être sept ans tout au plus, lorsqu'on me somma de rejoindre ma grand-mère dans la cuisine, car ma place naturelle était à mi-distance entre les fourneaux et la buanderie, de façon à pouvoir faire éclater mes talents de cuisinière et de ménagère le moment venu.
En 1984, l 'Algérie adopte un code de la famille inspiré de la charia islamique. J'ai 12 ans à cette époque. Brièvement, ce code exige de l'épouse d'obéir à son mari et à ses beaux-parents, permet la répudiation, la polygamie, destitue la femme de son autorité parentale, permet à l'époux de corriger sa femme et en matière d'héritage comme de témoignage, l'inégalité est érigée en système puisque la voix de deux femmes équivaut à celle d'un homme tout comme les parts d'héritage.

Question : L'Algérie est-elle devenue musulmane en 1984 ?
Réponse : Je vous la donnerai pendant le débat tout à l'heure si vous le souhaitez.

Pour ce qui est de la laïcité, j'ai compris sa nécessité lorsque, au tout début des années 1990, le Front islamique du salut (FIS) a mis à genoux mon pays l'Algérie par le feu et par le sang en assassinant des milliers d'Algériens. Aujourd'hui, on est forcé de constater que les choses n'ont pas tellement changé.
Trop de femmes dans le monde se font encore humilier, battre, violenter, répudier, assassiner, brûler, fouetter et lapider. Au nom de quoi ? De la religion, de l'islam en l'occurrence et de son instrumentalisation. Pour refuser un mariage arrangé, le port du voile islamique ou encore pour avoir demandé le divorce, porté un pantalon, conduit une voiture et même avoir franchi le seuil de la porte sans la permission du mâle, des femmes, tant de femmes subissent la barbarie dans leur chair. Je pense en particulier à nos soeurs iraniennes qui ont défilé dans les rues de Téhéran pour faire trembler l'un des pires dictateurs au monde : Ahmadinejad. Je pense à *Neda*, cette jeune Iranienne assassinée à l'âge de 26 ans. Nous avons tous vu cette image de Neda gisant sur le sol, le sang dégoulinant de sa bouche. Je pense à *Nojoud Ali*, cette petite Yéménite de 10 ans, qui a été mariée de force à un homme qui a trois fois son âge et qui s'est battue pour obtenir le droit de divorcer. et qui l'a obtenu. Je pense à*Loubna Al-Hussein* qui a fait trembler le gouvernement de Khartoum l'été dernier à cause de sa tenue vestimentaire...
La pire condition féminine dans le globe, c'est celle que vivent les femmes dans les pays musulmans. C'est un fait et nous devons le reconnaître. C'est cela notre première solidarité à l'égard de toutes celles qui défient les pires régimes tyranniques au monde. Qui oserait dire le contraire ? Qui oserait prétendre l'inverse ? Les islamistes et leurs complices ? Certainement mais pas seulement.

* Il y a aussi ce courant de pensée relativiste qui prétend qu'au nom des cultures et des traditions nous devons accepter la régression, qui confine l'autre dans un statut de victime perpétuelle et nous culpabilise pour nos choix de société en nous traitant de racistes et d'islamophobes lorsque nous défendons l'égalité des sexes et la laïcité. C'est cette même gauche qui ouvre les bras à Tarik Ramadan pour se pavaner de ville en ville, de plateau de TV en plateau de TV et cracher sur les valeurs de la République.*

Sachez qu'il n'y a rien dans ma culture qui me prédestine à être éclipsée sous un linceul, emblème ostentatoire de différence. Rien qui me prédétermine à accepter le triomphe de l'idiot, du sot et du lâche, surtout si on érige le médiocre en juge. Rien qui prépare mon sexe à être charcuté sans que ma chair en suffoque. Rien qui me prédestine à apprivoiser le fouet ou l'aiguillon. Rien qui me voue à répudier la beauté et le plaisir. Rien qui me prédispose à recevoir la froideur de la lame rouillée sur ma gorge. Et si c'était le cas, je renierais sans remords ni regret le ventre de ma mère, la caresse de mon père et le soleil qui m'a vu grandir.
L'islamisme politique n'est pas l'expression d'une spécificité culturelle, comme on prétend ça et là. C'est une affaire politique, une menace collective qui s'attaque au fondement même de la démocratie en faisant la promotion d'une idéologie violente, sexiste, misogyne, raciste et homophobe..
Nous avons vu de quelle façon les mouvements islamistes, avec la complicité, la lâcheté et le soutien de certains courants de gauche cautionnent la régression profonde qui s'est installée au cour même de nos villes. Au Canada, nous avons tout de même failli avoir les tribunaux islamiques. En Grande-Bretagne c'est déjà la norme dans plusieurs communautés. D'un bout à l'autre de la planète, le port du voile islamique se répand et se banalise, il devient même une alternative acceptable aux yeux de certains car c'est tout de même mieux que la burqa!
Que dire de la démission des démocraties occidentales sur des enjeux primordiaux à la base du vivre-ensemble et de la citoyenneté tels que la défense de l'école publique, des services publics et de la neutralité de l'État ?
Que dire des reculs en matière d'accessibilité à l'avortement ici même en France ?
Tout ça pour dire qu'il est toujours possible de faire avancer les sociétés grâce à notre courage, notre détermination et à notre audace. Je ne vous dis pas que ce sont là des choix faciles. Loin de là. Les chemins de la liberté sont toujours des chemins escarpés. Ce sont les seuls chemins de l'émancipation humaine, je n'en connais pas d'autres.

Cette merveilleuse page d'histoire, de NOTRE histoire, nous enseigne que subir n'est pas se soumettre. Car par-delà les injustices et les humiliations, il y a aussi les résistances. Résister, c'est se donner le droit de choisir sa destinée. C'est cela pour moi le féminisme. Une destinée non pas individuelle, mais collective pour la dignité de TOUTES les femmes. C'est ainsi que j'ai donné un sens à ma vie en liant mon destin de femme à tous ceux qui rêvent d'égalité et de laïcité comme fondement même de la démocratie..
L'histoire regorge d'exemples de religions qui débordent de la sphère privée pour envahir la sphère publique et devenir la loi. Dans ce contexte, les femmes sont les premières perdantes. Pas seulement. La vie, dans ses multiples dimensions, devient soudainement sclérosée lorsque la loi de Dieu se mêle à la loi des hommes pour organiser les moindres faits et gestes de tous. Il n'y a plus de place pour les avancées scientifiques, la littérature, le théâtre, la musique, la danse, la peinture, le cinéma, bref la vie tout simplement. Seuls la régression et les interdits se multiplient. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai une aversion profonde à l'égard des intégrismes quels qu'ils soient, car je suis une amoureuse de la vie.
Rappelez-vous une chose : lorsque la religion régit la vie de la cité, nous ne sommes plus dans l'espace du possible, nous ne sommes plus dans le référentiel des doutes, nous ne sommes plus dans le repère de la Raison et de la rationalité si chères aux Lumières. Séparer l'espace public de l'espace privé en réaffirmant la neutralité de l'État me semble indispensable, car seule la laïcité permet de se doter d'un espace commun, appelons-le un référentiel citoyen, loin de toutes croyances et de toutes les incroyances, pour prendre en main la destinée de la cité. Avant de conclure, permettez-moi de partager avec vous une lettre destinée à l'un de vos élus.

J'ai longuement hésité avant de vous écrire. Peut-être, par peur d'être perçue comme celle venue d'ailleurs qui fait indélicatement irruption dans les « affaires françaises ». Au diable les convenances, je n'ai jamais été douée pour la bienséance surtout lorsqu'elle est au service des plus forts, des plus puissants et des plus arrogants. Puis, s'il avait fallu que je vive en fonction du regard des autres, je n'aurais rien fait de ma vie ou si peu. Lorsqu'il s'agit des droits des femmes, nulle convenance ne doit primer sur l'essentiel. L'essentiel étant : la liberté, l'égalité et l'émancipation des femmes. J'entends encore des copines françaises me dirent avec insistance : parle-lui, dis-lui, écris-lui. Étrangement, leurs propos me rappellent le titre de ce magnifique filmd'Almodovar Parle avec elle où dès les premiers instants, le rideau se lève furtivement, pendant quelques secondes, sur un spectacle de danse, mettant en scène le corps d'une femme, celui de Pina Bausch. Elle qui exprimait si bien dans ses chorégraphies crûment la violence exercée à l'encontre des femmes.

Monsieur Gérin, c'est à vous que je m'adresse, je voudrais vous parler, vous dire la peur que j'ai connue le 25 mars 1994 alors que j'habitais à Oran, en Algérie et que le Groupe islamique armé (GIA) avait ordonné aux femmes de mon pays le port du voile islamique. Ce jour-là, j'ai marché la tête nue ainsi que des millions d'autres Algériennes. Nous avons défié la mort. Nous avons joué à cache-cache avec les sanguinaires du GIA et le souvenir de Katia Bengana, une jeune lycéenne âgée de 17 ans assassinée le 28 février 1994 à la sortie de son lycée planait sur nos têtes nues. Il y a des événements fondateurs dans une vie et qui donnent une direction particulière au destin de tout un chacun. Celui-là, en est un pour moi. Depuis ce jour-là, j'ai une aversion profonde pour tout ce qui est hidjab, voile, burqa, niqab, tchador, jilbab, khimar et compagnie. Or, aujourd'hui, vous êtes à la tête d'une commission parlementaire chargée de se pencher sur le port du voile intégral en France.

En mars dernier, je publiais au Québec, un livre intitulé Ma vie à contre-Coran : une femme témoigne sur les islamistes. Dès les premières phrases, je donnais le ton de ce qu'est devenue ma vie en termes d'engagements politiques en écrivant ceci : « J'ai vécu les prémisses d'une dictature islamiste. C'était au début des années 1990. Je n'avais pas encore 18 ans. J'étais coupable d'être femme, féministe et laïque. » Je dois vous avouer que je ne suis pas féministe et laïque par vocation, je le suis par nécessité, par la force des choses, par ces souffrances qui imprègnent mon corps car je ne peux me résoudre à voir l'islamisme politique gagner du terrain ici même et partout dans le monde. Je suis devenue féministe et laïque à force de voir autour de moi des femmes souffrir en silence derrière des portes closes pour cacher leur sexe et leur douleur, pour étouffer leurs désirs et taire leurs rêves.
Il fut un temps où on s'interrogeait en France sur le port du voile islamique à l'école. Aujourd'hui, il est question de voile intégral. Au lieu d'élargir la portée de la loi de 2004 aux établissements universitaires, nous débattons sur la possibilité de laisser déambuler dans nos rues des cercueils. Est-ce normal ? Demain, peut-être c'est la polygamie qui sera à l'ordre du jour. Ne riez pas. Cela s'est produit au Canada et il a fallu que les cours (de justice) s'en mêlent. Car après tout la culture à bon dos lorsqu'il s'agit d'opprimer les femmes. Ironie du sort, j'ai constaté dans plusieurs quartiers que les jupes se rallongent et disparaissent peu à peu. La palette des couleurs se réduit. Il est devenu banal de camoufler son corps derrière un voile et porter une jupe, un acte de résistance. C'est tout de même une banlieue française qui est le théâtre du film La Journée de la jupe. Alors que dans les rues de Téhéran et de Khartoum, les femmes se découvrent de plus en plus, au péril de leur vie, dans les territoires perdus de la République française, le voile est devenu la norme.

Que se passe-t-il ?

La France est-elle devenue malade ? Le voile islamique est souvent présenté comme faisant partie de « l'identité collective musulmane ». Or, il n'en est rien. Il est l'emblème de l'intégrisme musulman partout dans le monde. S'il a une connotation particulière, elle est plutôt politique surtout avec l'avènement de la révolution islamique en Iran en 1979. Que l'on ne s'y trompe pas, le voile islamique cache la peur des femmes, de leur corps, de leur liberté et de leur sexualité.

Pire encore, la perversion est poussée à son paroxysme en voilant des enfants de moins de cinq ans. Il y a quelques temps, j'essayais de me rappeler à quel moment précisément, en Algérie, j'ai vu apparaître ce voile dans les salles de classe. Pendant mon enfance et jusqu'à mon entrée au lycée, c'est-à-dire en 1987, le port du voile islamique était marginal autour de moi. À l'école primaire, personne ne portait le hidjab, ni parmi les enseignants, ni surtout parmi les élèves.
Voilà 12 ans que j'habite au Québec dont la devise inscrite sur les plaques d'immatriculation des voitures est « Je me souviens ». A propos de mémoire, de quoi la France devrait-elle se souvenir ? Quelle est porteuse des Lumières. Que des millions de femmes se nourrissent des écrits de Simone de Beauvoir dont le nom est indissociable de celui de Djamila Boupacha. C'est peu dire. Il ne fait aucun doute pour moi que la France est un grand pays et ceci vous confère des responsabilités et des devoirs envers nous tous, les petits. C'est d'ailleurs pour cela qu'aujourd'hui, tous les regards sont tournés vers votre commission et que nous attendons de vous que vous fassiez preuve de courage et de responsabilité en interdisant le port de la burqa.
Pour notre part au Québec, on se souvient qu'en 1961, pour la première fois dans l'histoire, une femme, une avocate de surcroît, est élue à l'Assemblée législative lors d'une élection partielle. Son nom est Claire Kirkland et elle deviendra ministre. En invoquant un vieux règlement parlementaire qui exigeait des femmes le port du chapeau pour se présenter à l'Assemblée législative, on la force à se couvrir la tête pendant les sessions. Elle refuse. C'est le scandale.
Un journal titre : « Une femme nu-tête à l'Assemblée législative ! » Elle résiste et obtient gain de cause.
Il faut comprendre par là que nos droits sont des acquis fragiles à défendre avec acharnement et qu'ils sont le résultat de luttes collectives pour lesquelles se sont engagés des millions de femmes et d'hommes épris de liberté et de justice. J'ose espérer, monsieur Gérin, que la commission que vous présidez tiendra compte de tous ces sacrifices et de toutes ces aspirations citoyennes à travers le monde et les siècles.
A vous chers amis, s'il y a une chose, une seule, que je souhaiterais que vous reteniez de ces quelques mots, c'est la suivante. Entre une certaine gauche démissionnaire, le racisme de l'extrême droite et le laisser-faire et la complicité des gouvernements nous avons la possibilité de changer les choses, plus encore nous avons la responsabilité historique de faire avancer les droits des femmes. Nous sommes, en quelque sorte, responsables de notre avenir et de celui de nos enfants. Car il prendra la direction que nous lui donnerons. Nous, les citoyens. Nous, les peuples du monde.. Par nos gestes, par nos actions et par notre mobilisation. Toutes les énergies citoyennes sont nécessaires d'un pays à l'autre au-delà des frontières. L'avenir nous appartient. La femme est l'avenir de l'homme disait Aragon. S'agissant d'homme, je veux en saluer un présent aujourd'hui, c'est mon père à qui je dois tout.
Et je finirai par une citation de Simone de Beauvoir : « On a le droit de crier mais il faut que ce cri soit écouté, il faut que cela tienne debout, il faut que cela résonne chez les autres. »
J'ose espérer que mon cri aura un écho parmi vous.

*Djemila Benhabib*
Lettre lue au Palais du Luxembourg, le vendredi 13 novembre 2009, lors de la journée
« Femmes debout », organisée par Femmes Solidaires et la Ligue du Droit International des Femmes.




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Andriu de Gavaudan - dans Vida vidanta
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27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 00:26
Istòria de galinas

Coma qué, vau melhor èsser celèbre per tocar qualques dreches d'autor en publicant libres o recuèlhs de nhòrlas.

Entendut aqueste matin a la ràdio nacionala :
Un palestinian deu passar a mantuns pòstes de contraròtle israëlis per portar sa mèrça al mercat. Aqueste matin,
a qualques galinas dins sa veitura.
Lo soldat del primièr contraròtle li demanda çò que pòrta e lo Palestinian li respon que son galinas. Puèi  lo soldat li demanda :
« Las noirissètz amb qué ?
– Amb de gran.
– Aquò's pas de bon far de las noirir aital. Lor i devètz balhar de verdura sonque.
– O farai. »
Al segond pòste, mdeteis contraròtle e dialògue tot parièr :
« Las noirissètz amb qué ?
– Amb de verdura.
– Aquò's pas de bon far de las noirir aital. Lor i devètz balhar de gran sonque.
– O farai. »
Al tresen contraròtle, questions identicas :
« Las noirissètz amb qué ?
– Las noirssi pas mas lor i balha d'argent de pòcha.
– !!!
– Aital, se pòdon crompar çò que lo agradan. »

Padena, lo contaire de Puèch Laurenç, contava la meteissa causa fa d'annadas e benlèu o fa encara ! El contava l'istòria del païsan qu'èra emmerdat gaireben cada setmana per un inspector de las Talhas o de l'igièna publica, etc. a pprepaus de sos pòrcs  ; e acabava en disent que escriviá un chèc a sos pòrcs e aital se podián crompar çò que lor agradava.
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Andriu de Gavaudan - dans Vida vidanta
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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 12:50
Istòria vertadièra qu'una amiga ven de me far passar :

Al portanèl d'un burèu de pòsta de la capitala, i a un tropelat de monde qu'espèran en repotegant que lor torn venga per depausar un chèc o n'encaissar un.
L'emplegada fa tot son possible per donar satisfaccion a cadun mas la pauròta a pas que dos braces !
Te li arriba un client enmaliciat que passa davant totes los autres :
« Me cal encaissar aquel chèc de tira !
Soi desolat, mossur, mas m'ocuparai de vos quand aurai acabat amb las gents que son avant vos.
Mas sabètz qui soi ? » se met a cridar lo client roge de colèra.
Alavetz, la prepausada demanda lo silenci al monde que son dins la fila d'espèra :
« Benlèu que nos anatz poder ajudar ! Avèm aicí un mossur que sap pas pus qui es. Se un de vosautres lo pòt ajudar, que siá mercejat ! »
Lo monde de rire… e lo client de partir en disent :
« T'enculi, salòpa ! »
E la prepausada li respon sens esitacion e amb un sorire :
« Soi desolada, mossur, mas vos calrà esperar vòstra torn per aquò tanben ! »


Se vei qu'a París d'unes an una crisi d'identitat tanben !
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Andriu de Gavaudan - dans Vida vidanta
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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 00:08
Adiu, l’amic…

Que se’n tornava deus Sables d’Olonne, dab quauques amics, on èra anat véder las naus deu Vendée Globe. De Bordèu estant, que telefonè a la hemna tà li díser l’òra d’arribada a Periguèrs ; puish, que s’anè assetar dens un canton de la sala d’espèra un libe a la man tà esperar lo son tren e es aquiu… que passè!
L’Eric Fave qu’èra vadut en 1934 a Cauderan, au ras de Bordèu. Après los sos estudis, que hasó la cooperacion en Tunisia e, en 1969, qu’estó nomenat a Branstome (Peiregòrd) puish a Nontron on ensenhè l’istòria e la geografia. Tanlèu arribat, que prengó contacte dab Novelum, la tota joena seccion peiregòrda de l’I.E.O.  Dens las annadas 70, que participè aus estagis de lenga e cultura occitanas. Qu’aprengó l’occitan lemosin e qu’ensenhè la lenga au licèu pendent un vintenat d’annadas sens parlar de l’organizacion d’espectacles e velhadas occitans.
Que participè a la creacion de V.V.A.P. (Volèm viure al país) – organizacion fondadora de l’occitanisme politic – a Fenièrs (Vinhana nauta)) en 1974 e que n’estó lo son prumèr secretari generau. Après estar estat candidat a las eleccions legislativas de 1978 (Francis Gervasi supleent), que demandè a G. Alirol e G. Tautil de prénguer la seguida au burèu federau de V.V.A.P., alassat qu’èra de las pelejas entre los diferents corrents de l’organizacion.
Qu’èran hèra nombrós los sons amics au pargue cementèri de Merinhac (Gironda) tà acompanhar l’Eric Fave tau son darrèr viatge.

(entre-senhas de Gérard Tautil e Estève Ros)
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Andriu de Gavaudan - dans Vida vidanta
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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 21:44

Es pas qu’aimi pas escriure mas soi pas coratjós ; m’èri promés pr’aquò d’ensajar de tenir una mena  de jornal per parlar de la vida vidanta… E soi cada jorn un pauc mai en admiracion devant totes aqueles que prenon lo temps de « far » qualques regas cada jorn.

 

Son pas los eveniments que mancan, çaquelà.

 

A començar per nóstre president tant aimat que nada dins lo bonur amb sa Carlita (es aital que l’apèla, pareis). Me demandi s’es per nos impressionar o per mostrar qu’a un pauc mai de cinquanta ans, a encara d’energia mas li cal trobar quicòm de novèl cada matin… Sabi plan que sos conselhièrs trabalhan sens relambi per li balhar d’idèas ; malurosament, farián melhor de se’n tenir als « classics » coma dison !

 

Veiram ben a las municipalas çò que ne virarà ! De tot biais, quitament se l’esquèrra ganha mantunas vilas grandas o petitas, cambiarà pas res a la politica nacionala estant que l’avèm per cinc ans… al mens. Los socialistas ne son encara a voler pas un cap que despassa e podèm èsser segurs que la gueguèrra que coneissèm dempuèi un brave briu ara contunharà.

 

A l’estrangièr, l’independéncia de Cossòvo risca de crear mai de problèmas que de’n resòlvre ; de segur, l’independéncia se pòt compréner que, de tot biais, après çò que visquèron i a qualques annadas auriá benlèu calut trop de temps per una reconciliacion.

 

Empacha que Euròpa joga un jòc pietadós ; i tornarai…

 

Pel moment, ne disi pas mai que doman, de d’òra, me’n vau pas una passejada en Índia e se soi pas tròp fenhant, ensajarai de vos tenir al fial de mas aventuras

 

A lèu…

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Andriu de Gavaudan - dans Vida vidanta
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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 10:14
Estivada de Rodés (Avairon)

En despièch de l'omerta que sembla tocar los mèdias exagonals – levat los jornals locals – l'Estivada se pòrta plan e deu èsser la manifestacion màger d'Occitània autan per la freqauentacion coma per la qualitat e lo nombre dels artistas, comedians, escrivans, etc.
Haut o baish – coma dison en Gasconha – son entre quaranta e cinquanta mila los que venon a l'Estivada per descobrir un pauc de çò qu'es la cultura occitana…
Ongan, l'Estivada se debanarà del 21 de julhet al 26 de julhet… Notatz las datas dins vòsta agenda e portatz-vos, de quora en quora, sul siti de l'Estivada :
                                http://www.estivada-rodez.com/
Vos empacha pas pr'aquò d'anar veire los cantaires a d'autres periòdes de l'annada o de legir qualque bon libre en lenga occitana o tanben – es pas interdich ! – d'abonar vòstres dròlles a Papagai o a Plumalhon e de vos abonar a La Setmana, lo sol setmanèr d'informacions en occitan.
                                http://www.vistedit.com

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Andriu de Gavaudan - dans Vida vidanta
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7 janvier 2008 1 07 /01 /janvier /2008 17:22
Bon, d'en primièr, vos desiri a totes, los qu'avètz l'amabilitat de venir sus aqueste blog una "Bona annada, plan granada e acompanhada".  Aquò dich pr'aquò, seretz  plan avançats !  Se, per cas, fa pas de ben, pòt pas faire de mal, coma disiá l'autre…
Sèm  generalament per las tradicions, tradicions que venon ara una curiositat dins lo mond que coneissèm.  Qu'es aquò qu'una tradicion que pòrta pas moneda a degun ? Es sonque un afar d'endarrierits que son pas capables de comprene que nòstra existéncia se deu resumir a una sola causa : far de moneda ! quitament se s'es pas jamai vist un còfre fòrt seguir un ataüc…
Los actes mai simples que fasèm devon, se ne cresèm los adèptes de la "modernitat", èsser evaluats, mesurats, pesats per dire de los modificar se de besonh.
Per n'aver una idèa, viratz-vos cap a una lectura novèla del Princilhon de Antoine de Saint-Exupéry, a l'endrech ont parla del mercadièr que quita pas de comptar e que sap sonque dire : "Soi qualqu'un de seriós, ieu, m'amusi pas a de farivòlas !" en contunhant de comptar "sas" estelas…
Paures de nosautres ! Los qu'exerçan lo poder - politic, economic, etc. – aimarián de nos redusir a numèros tot simples e nos faire servir a lor soleta ambicion : aver totjorn mai de poder, aver totjorn mai de moneda…
O sabi, aquels prepausses son pas que de filosofia de Cafè de comèrci ; ai la feblesa pr'aquò de i creire…
Fin finala, vesi que, se me i teni, poiriái venir un diarista coma tantes autres ; mas per, a cada còp, dire quicòm d'intelligent o, al mens, de pas tròp bèstia, cal pas somiar…
Tè, del moment qu'avètz agut lo coratge de me seguir fins ara, vos vau regalar d'un petit tèxte que vos'n ramentarà, plan segur, un autre, grand aquel ; l'autor s'apèla Antony Tozy [1852-1911] e visquèt a Nerac d'Albret (Òut e Garona) :
  
 LA MARMONA E L’ESCARIBÒT
  
Ua marmona espalancada
Sus la branca d’un codonhèr,
Per un escaribòt se veigot arrestada ;
E, miei mòrta de paur, que pensot pèrder pè.
« Qui t’a permés de brostar ma pastura ? »,
Ça ditz l’escaribòt, en s’avançar d’un pas ;
« Aqueth olom n’es pas ende servir au repàs
Deus vagabonds de ta natura.
Vas morir. — Mèste, ditz la marmona,
Que vòsta gloriosa persona,   
Reconeishe, en aqueth codonh,
Qu’aqueth aure n’es pas un olom,
E que, per consequent, brosti pas çò de son.
— Olom o codonhèr, ditz l’animau cornut,
S’agís pas de har tan de brut.
Dejà ton long discors m’a agusat las dents.
Que’t velhavi dempús longtemps.
Cau que’m vengi de tu. Arunan, ton papè
Que m’a brostat un gran surrèr
E ta sòr que’m lequèt lo mei gròs aserau
Qui’s vei, la-bàs, dens mon casau.
— N’èi pas ni sòr, ni frair, ni hilha ;
Soi tota sola de familha. »
Respon la petita en tremblar.
« Tot aquò me regarda pas,
Qu’ès ua volura, ua coquina.
Que’t vòi aprénguer a ’star orfelina. »
Sus aqueth mot, d’un còp de còrn,
L’escaribòt crebèt lo vente a la marmona.
  
Moralitat
  
La reson deu mei fòrt n’es pas totjorn la bona,
Mès los febles an totjorn tòrt.


Vos deu rapelar quicòm, non ? Se sètz pas anat pro longtemps a las escòlas, demandatz a l'entorn de vos…
A lèu…

Bibliografia :
    
Saint-Exupéry (Antoine de), Le Petit Prince, avec les dessins de l'auteur, Gallimard,1946.
Saint-Exupéry (Antoine de), Lo Princilhon, revirat en lengadocian per Jòrdi Blanc, edicions Vent Terral, 1994.
Saint-Exupéry (Antoine de), Lou Pichot Prince, illustra di pintura à l'aigo de l'autour, revira en prouvençau pèr Andriéu Ariès, Edicions Edisud, 1995 [grafia mistralenca]

Saint-Exupéry (Antoine de), Lo Prinçòt, damb los dessenhs de l'autor, arrevirada entau gascon de'N Pèir Morà, Edicions Princi negre, 1995.


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Andriu de Gavaudan - dans Vida vidanta
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24 juillet 2007 2 24 /07 /juillet /2007 20:28
I a un brave briu qu'ai escrich res mas coma  es per la glòria (!) càmbia pas grand causa…
Bon , se'n son passadas de causas desempuèi qu'escriguèri a la debuta del mes. Ai agut lo temps de seguir una « escòla » de lexicografia, de recéber amigas estatsunianas e d'anar a Rodés a la quatorzena Estivada…

La lexicografia es quicòm qu'interessa pas fòrça monde ; n'avèm besonh pr'aquò de l'exicografs se volèm far avançar lo schmilblic occitan. Vertat es que, fins ara, avèm gaireben pas que de lexics e, generalament,  occitan-francés mas  per aver de definicions de mots occitans en lenga nòstra… cocanha !DSC-0277.JPG
Es un mestièr que fa mestièr ! E, malurosament, lo  Crestian Laus, lo Cantalausa e un fum d'autres – los podèm pas criticar qu'an daissat aqueste mond – an fach un trabalh remirable  mas es pas un trabalh de lexicograf ! Notatz que los especialistas que nos an ensenhat an la critica aisida  mas,  eles,  van pas pèrdre son temps a fargar un diccionari en occitan.
Soi pas tornat completament ignorant e pensi que poirai ensenhar qualqu'un se l'escasença arriba…

Recebèri mas amigas estatsunianas, la maire e la filha, tot  just après mon estagi e los quatre jorns que passèrem ensems foguèron plan emplenats...

La setmana passada, èri a Rodés - dins la familha e es com
òde qu'as pas a cercar una ostalariá- per veire çò que se passava a l'Estivada. Es l'escasença de tornar trobar d'amics que vesi pas qu'un còp o dos per an. Per ieu, mai que d'escotar los grops – que son bons – aimi mai charrar amb l'un o amb l'autre de problèmas pertocant nòstra lenga… literatura, lenga, gramatica, etc.DSC-0066.JPG
I a pr'aquò un espectacle que vegèri lo darrièr jorn ; es Cridals creat per lo Joan Loís Cortial e son equipa… Aquel òme sap tot faire ; compausar la musica, escriure de paraulas, etc. Es un epectacle vertadièrament professional e i aviá mai de 800 personas per assistir a-n aquesta creacion…
L'Estivada es ara indefugibla - per taupiaquizar ! - e seriá pecat que contunhèsse pas dins l'avenidor ; lo problèma es qu'amb los politics, òm sap pas jamai. Aiman melhor privilegiar lors interèsses immediats…
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